mardi, janvier 27, 2009

Affaire Macky Sall: Halte au complot!

J’ai été piqué au vif ce matin, lorsqu’un observateur étranger et averti, de la scène politique sénégalaise m’interpella en ces termes : « Le pouvoir sénégalais est –il devenu le lit des comploteurs et des charlatans politiques? ».
Il ne manquera certainement pas de trouver sa réponse dans cette réflexion militante. Je voudrais, à l’entame de mon propos, lui rappeler que Me Abdoulaye Wade, Secrétaire général national du parti démocratique sénégalais (PDS), avait voulu, dès son accession au pouvoir, donner une leçon de démocratie à l’Afrique toute entière, en refusant de se livrer à une chasse aux sorcières. Il avait aussi exprimé sa volonté de réparer toutes les injustices perpétrées durant le règne des socialistes, de promouvoir toutes les libertés et les droits des citoyens. C’est pourquoi, il est regrettable, aujourd’hui, de constater que le régime en place s’éloigne de plus en plus des principes pour lesquelles nous nous étions battus. La chasse aux sorcières n’a pas eu lieu pour ceux ou celles qui avaient pillé le pays quarante années durant. Mais, curieusement, cette chasse est en cours contre ceux ou celles qui s’étaient sacrifiés pour que le PDS et son leader accèdent au pouvoir. À chaque secousse du cocotier, nous constatons que ce sont des militants des années de ‘braise’ qui tombent, non parce qu’ils ne sont pas solides, mais parce qu’ils ne trouvent aucune avenue qui respecte leur dignité et leur honneur. Ils préfèrent tomber et se battre pour se relever car l’endurance qu’ils ont acquise durant la période oppositionnelle peut leur permettre de rebondir. De plus en plus méconnaissable, la prairie bleue est devenue presque verdâtre, infestée qu’elle est, de parasites, d’opportunistes de tous bords, de comploteurs invertébrés, attirés par la mayonnaise libérale. Autrement dit, des pans entiers du pouvoir sont tenus par des arrivistes sans foi, tapis dans l’ombre, et qui ne sont guidés que par les positions de pouvoir et d’argent. Pour eux, la fin justifie toujours les moyens. Ils sont renforcés par l’attitude silencieuse, attentiste voire complice de certains ‘PDS de souche’, qui, préoccupés par la sauvegarde de leur station, ont préféré fermer leurs yeux et boucher leurs oreilles, devant la forfaiture qui est en train de s’opérer. C’est dans cette logique d’altération de ce qui faisait de nous de fiers PDS et wadistes, qu’il faut situer le complot oudi contre Macky Sall et sa bande. Je dis bien complot, car c’est de cela qu’il s’agit vraiment. Des députés de la coalition sopi, constatant que Macky, contrairement à son prédécesseur, était avare dans la distribution des fonds politiques de l’Assemblée nationale, ont décidé de tout faire pour le démettre. Tout ce qui est retenu contre lui relève de cette machination éhontée. Je ne suis pas et je n’ai jamais été un partisan de Macky Sall. Je ne l’ai pas rencontré lors de son séjour au Canada, son parti ne m’intéresse pas et je ne lui doit rien du tout. Je suis un libéral depuis 24 ans. J’avais 16 ans lorsque le vieux Abou Touré, alors président de la fédération PDS de Pikine m’a vendu ma première carte de membre. J’ai été responsable des élèves travaillistes, Secrétaire aux relations extérieures de l’UJTL et du MEEL, Vice-président de la Fédération internationale des jeunesses libérales et radicales, membre du Secrétariat national et du Bureau politique du PDS, Secrétaire général et fondateur de la Fédération PDS du Canada, gréviste de la faim pour la libération de Me Wade de prison, président de l’amicale des étudiants de la faculté des sciences économiques et de gestion et membre de la Coordination des étudiants de Dakar (CED). Fidèle à mes convictions de toujours, j’ai décidé d’écrire ces lignes pour dire non au chantage, non à la violation des droits et libertés, non à l’utilisation d’arrivistes, de faux militants, de transhumants, de militants de la 25ème heure, de l’administration ou de la justice pour ourdir des complots contre d’honnêtes citoyens. Ces complots ont fini de faire de tous les responsables du PDS et du pouvoir des malpropres virtuels ou de potentiels suspects. Car, à chaque fois qu’ils réussissent un forfait, la personne cueillie est tout de suite présentée comme un mal propre, un bandit des grands chemins. Quand elle revient au PDS, elle devient blanche comme neige. On est propre, seulement, quand on n’a pas de problèmes. C’est cette conception de la politique basée sur la machination et le piétinement des valeurs, des droits et des libertés, pour avancer, que j’ai décidé de dénoncer et combattre. La gestion informelle du parti n’est pas étrangère à ce qui se passe. Elle a avantagé certains responsables nationaux influents car ils leur ont permis de se bâtir une cour de courtisans opportunistes sur la base de promotions dans l’appareil d’État basées non pas sur le mérite, mais sur le parrainage, le sentimentalisme, le régionalisme, l’amitié, la parenté, le voisinage ou sur des considérations d’ordre confrériques. Conséquemment, le militantisme alimentaire et la confusion ont pris le dessus sur le militantisme de conviction, la clarté, la logique, la persévérance et la foi au combat du parti. Ces dernières caractéristiques, qui cimentaient le parti, ne sont aujourd’hui qu’un lointain souvenir. Ce qui a défavorisé les militants des années de ‘braise’ et permis d’accorder une place exagérément grande aux transhumants et aux militants de la 25ème heure dans l’exercice du pouvoir, altérant, du même coup, la cohésion et les relations de fraternité qui prévalaient dans le parti. Les transhumants et les militants de la 25ème heure, à la faveur des positions qu’ils ont acquis dans le pouvoir, ont été érigés de facto en responsables nationaux et ce, sans s’assurer, au préalable, qu’ils aient eu une connaissance acceptable du parti et de ses modes de fonctionnement. Ces militants de circonstance ne défendent jamais le parti ou son leader car ils ont peur que les casseroles qu’ils traînent ne soient teintées. Un de ces militants spéciaux, qui avait entendu parler de moi lors de passage au Canada, m’a récemment rendu une visite de courtoisie. Lors de notre discussion, je lui ai posé deux questions : Que connaissais-vous du PDS? Que pensez-vous de Me Wade et de sa gestion du pays?
Il m’a simplement répondu, pour la première question, que le PDS est un bon parti et que Gorgui est un homme généreux, pour la deuxième question. Bon et généreux, c’est tout ce que ce haut responsable retient du PDS, de son leader et de la gestion du pays. Les québécois diront que c’est vraiment pathétique. Pathétique aussi est la machination ourdi contre Macky Sall. Ce complot ignominieux honore pas leurs auteurs, pas plus qu’elle n’honore le PDS ou la grandeur de l’homme qu’il est sensé servir. Les arguments servis par le ministère de l’intérieur pour ne pas reconnaitre le parti de Macky et l’accusation de blanchiment d’argent portée contre lui sont une insulte à l’intelligence des sénégalais, de même que les mensonges d’État servis lors des émeutes de Kédougou. L’acharnement envers Macky et ses affidés a une double fonction. D’un côté, il permet aux comploteurs de présenter des gages d’une fausse loyauté à Karim Wade. C’est que j’appelle la fonction manipulatrice. De l’autre, il leur permet, de gagner d’avance, la faveur d’Idrissa Seck, étant donné que le retour de celui-ci est quasiment acquis. C’est ce que j’appelle la fonction doungouriste ou mesquine. Ces deux fonctions opèrent en sens inverse l’un de l’autre et peuvent, dans certaines circonstances, interférer l’un dans l’autre. J’en appelle donc au sens des responsabilités du Président Wade pour qu’il mette un terme à cette réflexivité machinatrice, pour éviter que la justice et le caractère démocratique de notre pays ne soient ternis, une fois de plus. Il y a encore dans le PDS, des hommes dignes, honnêtes, de vrais patriotes qui savent se battre pour les intérêts du pays, qui savent ce que signifient la liberté et la démocratie, qui sont respectueux de la devise du parti : dignité-justice-fraternité. Ils se souviennent de ce qu’ils ont vécu dans l’opposition. Ils refuseront mettront fin aux complots et les machinations qui sont en train de devenir une règle dans le parti et dans l’appareil d’État. Un puissant mouvement libéral composé de très hauts responsables du parti et de l’État, de présidents et de secrétaires généraux de fédération, de militants des années de braise et de cadres évoluant tant á l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, sera bientôt lancé pour contrer les comploteurs et les tenants d’une ligne visant à saborder le parti pour assouvir des ambitions personnelles. Il sera dirigé par des cadres établis hors du pays et de l’appareil d’État pour éviter toutes représailles. Après les élections locales, ce mouvement les traquera comme ils ne l’ont jamais été dans leur vie et les démasquera et ce, peu importe leur puissance dans l’appareil d’État, leur protecteur ou le mouvement auquel se réclament. Ils verront bientôt. Macky Sall a démissionné du parti, à défaut de travailler pour le ramener au bercail libéral, la seule option qui vaille, c’est de l’affronter et de le battre sur le terrain politique. Les élections locales offrent cette opportunité.


Djibril Sambou, Ottawa, Canada
dsambou@sympatico.ca

jeudi, septembre 06, 2007

LE PDS DOIT-IL CONTINUER D’ETRE LE RECEPTACLE DES PILLEURS DE DENIERS PUBLICS?




Dès son avènement à la magistrature suprême du pays en mars 2000, le Chef de l’État, Me Abdoulaye Wade avait exprimé sa volonté de ne pas se livrer à une chasse aux sorcières et d’élargir la base de son parti, le PDS.

En agissant de la sorte, le Président de la République voulait donner une leçon de démocratie à l’Afrique toute entière.

Mais son tout puissant ministre d’État et Directeur de cabinet d’alors, lui, y voyait une occasion inespérée de baliser la voie devant le mener au fauteuil de son patron, pas plus tard qu'en 2007.

C’est ainsi qu’il utilisa les audits à lui confiés par le Président Wade pour exercer un chantage éhonté sur tous ceux qui étaient épinglés, à l’exception de M’Baye Diouf qui lui avait laminé et humilié aux élections législatives de 1998. Celui-ci a été envoyé derrière les barreaux avant même la publication des résultats de l’audit de la Société nationale des chemins de fer.

Couvert du manteau de l’élargissement des bases du parti, il inonda celui-ci de voleurs caractérisés de deniers publics. Pire encore, ils sont presque tous parachutés dans l’exercice du pouvoir et leurs dossiers classés aux calendres grecs. De parti propre nous en sommes presque arrivés à un parti sali, fortement courtisé par des opportunistes sans vergogne.

De parti de combattants et d’incorruptibles, nous sommes, aujourd’hui, en train de devenir, petit à petit, un parti d’intérêts corporatistes, claniques, régionalistes et pire encore, un refuge pour malpropres. Cet aspect de la situation n’échappe pas au peuple. Heureusement que celui-ci est de notre côté, du côté de Me Wade devrais-je écrire, car c’est à lui et à lui tout seul que l’écrasante majorité du peuple se réclame et s’identifie.

Après, l’échec d’Idrissa Seck, dans son ambition démesurée de succéder vaille que vaille à son père spirituel, les malpropres ne pouvaient le suivre, de peur de voir leurs dossiers refaire surface. Ils sont restés en continuant de faire un lobbying intense pour le retour de leur mentor de malpropre. Ce retour échouera une première fois à la veille de la campagne pour les dernières les élections présidentielles.

En réalité, ce qui fait courir les partisans d’un retour d’Idrissa Seck au PDS, ce sont les relations avec les monarchies pétrolières du Golf et les chantiers de l’ANOCI confiés à M. Karim Wade. Homme compétent, honnête et mu seulement par la réussite du magistère de son père, il gêne considérablement les malpropres et ceux qui désirent rééditer le coup de Mara pour s’enrichir rapidement sur le dos du peuple. D’ailleurs, il n’est pas exagéré d’affirmer qu’ils sont à la base de toute la campagne de salissage et de dénigrement visant à discréditer le Président exécutif de l’ANOCI.

Malgré la réélection triomphale du Chef libéral, les partisans d’un retour au PDS du réfugié de Paris n’ont pas baissé les armes. Cette fois-ci, ils ont profité de la volonté exprimée du Secrétaire général national du PDS d’améliorer la performance organisationnelle et structurelle du parti pour essayer de récupérer cela à leur compte, sans passer, comme il se doit, par un congrès.

Pour ce faire, ils déroulent une stratégie à deux niveaux :

En premier lieu, ils parlent de refondation du parti.
Par refondation, ils entendent remplacer notre parti actuel par un nouveau parti présidentiel dont le sigle ne serait plus PDS, dont l’idéologie ne serait plus libérale et dont le vrai patron ne serait plus Me Wade. Celui-ci devant rester au-dessus de la mêlée. En vérité ils veulent créer une UMP à la sénégalaise. Lorsqu’en France, M. Chirac avait accepté la dissolution du RPR et la création de l’UMP, il ne pensait pas ce que nouveau parti de la majorité présidentielle allait être contrôlé par celui qui l’avait trahi au profit de M. Balladur.

En sabordant le RPR, M. Chirac avait aussi, sans le savoir, sabordé son héritage politique. D’ailleurs, les chiraquiens sont aujourd’hui plus que marginalisés dans les instances de décisions de l’UMP. On ne parle même plus du RPR de Chirac, mais plutôt de l’UMP de Sarko.

En réalité, ce que le Secrétaire général national du PDS propose, c’est une réingénierie du parti, autrement dit, il propose de passer au peigne fin tous les textes qui régissent son fonctionnement, ses structures et son organisation pour le rendre plus moderne et plus performant pour les 50 prochaines années. Comme, on peut le constater, il ne s’agit nullement de refonder, ou si vous voulez, de casser la fondation du parti pour en édifier une autre, car la fondation du PDS est très solide. C’est sa fondation actuelle qui nous a permis de résister à tous les assauts et agressions du défunt régime socialiste. C’est avec elle que nous sommes arrivés au pouvoir et c’est elle qui a permis au frère Secrétaire général national de reprendre le parti en main et d’écarter la menace que constituaient Idrissa Seck et sa bande.

Il est aussi stupide et irréfléchi de penser accommoder les militants des années 2000, par le changement du sigle du parti. Adjoindre une lettre ou un chiffre au sigle le dénaturera complètement. Advenant ce cas de figure, rien n’empêcherait quelqu’un d’autre de créer un nouveau parti avec le sigle PDS.

Non, le PDS de Me Abdoulaye Wade ne doit pas être sabordé comme le RPR de M. Jacques Chirac. Saborder le PDS, c’est saborder l’œuvre politique magistrale du plus grand visionnaire du Sénégal et de l’Afrique post-indépendance. Et cela est un sacrilège. Le PDS était le symbole de la lutte pour la libération de notre peuple contre la domination, les excès, les abus, les détournements de toutes sortes et l’incompétence des socialistes. Aujourd’hui, notre parti est le symbole de l’approfondissement de notre démocratie, de la bonne gouvernance et du développement économique et social.

J’en appelle donc à tous les libéraux, ceux que ce terme libéral ne gêne pas, à faire barrage à ce premier axe aussi stratégique que satanique.

C’est vrai que notre parti doit évaluer et s’adapter aux mutations profondes du monde actuel. Mais cela ne doit pas se faire par la perte de notre identité sacrée, de ce qui fait de nous des fiers PDS.

En second lieu, les partisans d’un recyclage des voleurs de deniers publics dans le PDS et dans le pouvoir, tentent d’exploiter, cette fois, la volonté d’ouverture et de rassemblement exprimée par le Président Wade, pour rejouer à nouveau leur carte maîtresse : Idrissa Seck. Ils espèrent que Mara, advenant son retour, pourrait, comme au bon vieux temps, obtenir tout ce qu’il veut de Me Wade, comme par exemple, la gestion de certains des grands travaux du Chef de l’État jusqu’ici confiés à l’ANOCI.

Pour eux, le retour de Damal Kadior ne peut être que bénéfique. Ils nous rappellent pêle-mêle qu’il a été des nôtres, qu’il était le plus proche collaborateur du Chef de l’État, qu’il est le Chef de l’opposition présidentielle et qu’il a un don de communicateur.
Bien évidemment, cela est incontestable.
Ils nous rappellent également que son retour permettra à Goorgui de ramener l’opposition à sa plus faible expression.

D’abord, cet argument ne peut être valable qu’à court terme. À moyen et long terme la donne change car, comme la nature, la politique, aussi, a horreur du vide.

Ensuite, c’est perdre de vue que Me Wade est un démocrate reconnu et qu’en tant tel il a besoin d’une opposition.

Aussi, n’ai-je aucune raison de douter de sa sincérité et de sa crédibilité quant aux accusations qu’il a portées sur Idrissa et aux preuves qu’il a dit détenir contre lui.

C’est pourquoi, je pense sincèrement que le retour de Mara rendra l’horizon du PDS brumeux.

Il portera un sérieux coup à la volonté manifeste du Chef de l’État de lutter contre la corruption, la prévarication et la mal-gouvernance. Il confirmera la thèse selon laquelle, notre parti est le réceptacle et le protecteur des voleurs et des malfaiteurs de tous genres et que notre justice n’en est pas vraiment une. En d’autres termes, son retour affaiblira notre cadre institutionnel.

M. Idrissa Seck, avec son caractère hautain, lâche et rancunier, advenant son retour, ravira les guets guerre, les positionnements inutiles qui risqueront de nous détourner de notre mission en tant que parti dominant le pouvoir. Si cela ne dépendait que de lui, nous ne serions plus au pouvoir aujourd’hui.

La place d’Idrissa Seck, tout comme beaucoup d’autres, n’est pas au PDS, mais en prison. C’est la triste réalité.

Il est vrai qu’il est du devoir d’un père de réunir sa famille en ramenant tous ses membres au bercail. Mais Mara ne s’est pas seulement éloigné de la famille. Il est devenu non seulement l’antithèse des valeurs prônées et enseignées par Me Wade tout au long de son combat, mais également un égaré au sens coranique du terme.

Autant le prophète Noé n’avait pu sauver un membre de sa famille du déluge, autant Me Wade ne devrait pas soustraire Idrissa de la justice et de sa destinée : la prison.

Autant le prophète Abraham était prêt à sacrifier son fils Ismaël sur ordre divin, autant Me Abdoulaye Wade devait sacrifier Idrissa sous l’autel de la justice sénégalaise.

En décidant de jouer la carte du Comité directeur avant tout retour d’Idrissa, Me Wade a fait preuve, non seulement, de vigilance et de prudence, mais également de démocratie interne.

Je rappelle qu’à chaque fois que Me Wade, alors leader de l’opposition, avait une proposition pour renter dans le gouvernement socialiste, il avait convoquait le Bureau politique pour un débat libre, fécond et sans concessions.

À la fin de la réunion, ceux qui avaient des positions minoritaires se rangeaient à la position majoritaire et le parti entrait au gouvernement, solide comme un roc de Quimper.

C’est ce genre de d’ébats que les militants souhaitent à propos du cas Mara.

Il ne s’agit pas pour moi de demander aux membres du Comité directeur de se rebeller contre la volonté du patron, mais de leur rappeler de ne pas manquer l’opportunité qu’il leur offre pour, arguments à l’appui, démontrer à la face du monde que le parti ne doit plus continuer à devenir ce pipeline, du bout duquel, sortent des voleur de milliards pour infester le pouvoir. Il doit rester un instrument aux mains du président Wade pour faire de notre pays, un Sénégal émergent.

Je profite de l’occasion pour rappeler aux membres du Comité directeur, au cas où ils l’oublieraient, que la carte de notre parti n’est pas blanche et qu’en conséquence, le retour d’Idrissa ne saurait se faire sur la base d’une carte blanche. Il ne peut aussi se faire sans conditions, vu les nombreuses casseroles qu’il traîne.

Le frère Secrétaire général national vous a donné l’occasion des les teinter, alors faites-le, sans états d’âmes.

Sentiments fraternels et militants!

dsambou@sympatico.ca

samedi, juin 02, 2007

AUX URNES POUR DONNER UNE MAJORITÉ AU PRÉSIDENT WADE









Notre peuple sort grandi d’une élection présidentielle appréciée à juste valeur par tous les observateurs étrangers, élection qui a vu la victoire, j’allais dire le plébiscite du Président sortant, Me Abdoulaye Wade face à une opposition dont l’aura ne dépassa guère les sales de rédaction d’une certaine presse et les sites Internet. Je profite de l’occasion pour féliciter de nouveau le Chef de l’État pour cette brillante élection.
Le moment est venu de sortir, massivement, pour aller voter afin de lui donner une majorité confortable.
Le Bulletin à mettre dans l'urne doit être évidemment celui de la Coalition Sopi 2007 dirigée par le Premier Ministre Macky Sall, Secrétaire général adjoint du PDS.
Vous êtres nombreux à vous posez des questions sur les enjeux de ces élections législatives, surtout, du fait qu'une partie de l'opposition a décidé de les boycotter.
J'ai déjà, largement, expliqué ces enjeux au cours de la conférence que je co-animais le samedi 26 mai dernier avec le frère Mohamadou Sarr, président de la Fédération PDS du Canada.
Il est vrai que les élections législatives ont presque toujours eu un engouement moindre que celles des présidentielles, mais cela n'enlève en rien l'importance qu'elles peuvent revêtir dans un pays comme le nôtre. Je sais que beaucoup de sénégalais se disent à quoi bon d'aller voter puisque la coalition SOPI 2007 n'a pas d'adversaire à sa mesure, oubliant, du coup, que voter est, d'abord et avant tout, un acte de civisme.
En allant voter, nous ne choisissons pas seulement ceux ou celles qui vont nous représenter, ceux ou celles qui vont légiférer ou contrôler l'action gouvernementale, mais aussi et surtout ceux ou celles sur qui reposera une décision qui peut être douloureuse et lourde de conséquence: celle de déclarer la guerre. En effet lors de discussions et débats, ça et là, je me suis rendu compte que beaucoup de nos compatriotes ignoraient que la décision d'enter en guerre relevait de la prérogative du Parlement.
C'est aussi de ces élections que sortir la majorité parlementaire qui appuiera le premier ministre qui sera chargé de donner corps à la vision du Président Wade.
Or, nous savons tous que c'est la coalition Sopi 2007 qui est la mieux indiquée et la outillée pour cela.
C'est pourquoi, il urge de sortir en masse pour la porter, de nouveau, vers le triomphe, ce dimanche 3 juin 2007.
Quant à cette frange de l'opposition adepte de la chaise vide, elle aura, encore une fois, fait montre d'une faiblesse stratégique monumentale. Il n'est pas nécessaire d'être un énarque pour savoir que la faiblesse de toute stratégie réside dans l'incohérence entre ses différents éléments. Vous me permettrez de ne pas m'appesantir sur ces incohérences qui sautent aux yeux et qui commencent déjà à charrier des ondes de chambardement dans les partis qui se sont dérobés face à leurs responsabilités historiques.
Laissons maintenant de côté cette frange de l'opposition, complètement out et dépassée, pour renforcer notre mobilisation et notre détermination à encore soutenir davantage le Chef de l'État qui a, en si peu de temps, réussi à transformer le visage du Sénégal et à mettre notre pays sur l’orbite des nations émergentes.
Vous êtes nombreux à me demander ce que le programme de gouvernement de notre coalition réserve aux immigrés advenant un triomphe à ces élections.
C'est pourquoi, je ne saurais terminer, cette édition, sans en donner les grands axes:
Les grands axes du programme de gouvernement que nous proposons pour les sénégalais de l'extérieur sont les suivants:
-favoriser la participation aux actions de développement,
-éradiquer les tracasseries douanières,
-décentraliser la délivrance des passeports,
-améliorer les conditions d’accès au logement,
-favoriser l’accès des enfants des émigrés aux bourses et aides scolaires
-élargir les appuis financiers accordés aux groupements féminins et structures assimilées aux sénégalais de l’extérieur,
-rapprocher les services consulaires des lieux de résidence des sénégalais à l'extérieur.

À votre bulletin jaune!

Merci et à la prochaine.

dsambou@sympatico.ca

dimanche, mars 04, 2007

L'OPPOSITION DOIT AVOIR L'HONNETÉ DE RECONNAITRE SA CUISANTE DÉFAITE


Depuis l’annonce des résultats de l’élection présidentielle tenue au Sénégal le 25 février 2007, les candidats, que l’ont qualifiait de ténors de l’opposition, se refusent toujours à concéder la victoire au Président sortant, Me Abdoulaye Wade, pourtant largement vainqueur au premier tour, avec prés 56% des voix.
Cette attitude a surpris aussi bien les sénégalais eux-mêmes que les observateurs avertis de la scène politique du pays de la Teranga.
Le Sénégal étant une démocratie majeure, tout monde s’attendait à ce que les candidats battus fassent preuve de fair-play et de grandeur en concédant rapidement la victoire au candidat Wade, la soirée même ou le lendemain de l’élection. En refusant de le faire, ils ont porté un sérieux coup à leur image, à leur sincérité et à la démocratie de notre pays.
Ce faisant, ils ont montré à la face du monde qu’ils sont loin d’être de véritables démocrates. Du coup, ils nous ont fait regretté le Président Abdou Diouf, qui avait rehaussé l’image de notre pays en concédant la victoire à son challenger de 2000, Me Abdoulaye Wade.
Ils ont fait étalage du peu de respect qu’ils vouent au peuple sénégalais. Ce vaillant peuple est sorti voter massivement. Il a, en toute souveraineté et en connaissance de causes, porté son choix clairement et nettement sur le meilleur candidat. Ce choix se devait d’être respecté et apprécié à sa juste valeur car le vote n’est ni intelligent, ni inintelligent. Il se constate.
C’est pourquoi les prétendus de ténors de l’opposition ont perdu toute crédibilité aux yeux de l’opinion publique, non seulement nationale, mais aussi et surtout internationale.
Les observateurs étrangers, et même ceux de la Raddho, ont reconnu la sincérité du scrutin.
Les observations ou constations, qui suivent, permettent de juger du manque de crédibilité de cette partie de l’opposition qui conteste la sincérité du scrutin.
Premièrement, elle était, tout comme la CENA, impliquée, par le biais des ses représentants, dans le tout le processus d’inscription, de retrait des cartes, du vote et du dépouillement.
Deuxièmement, elle a exigé et obtenu l’audit du fichier électoral.
Troisièmement, elle a fait, sans entraves, une campagne électorale sur toute l’étendue du territoire nationale et à l’étranger.
Quatrièmement, l’encre était indélébile et chaque électeur avait signé le registre. Ce qui signifie que même porteur de plusieurs cartes, un électeur ne pouvait pas voter plus d’une fois.
Cinquièmement, elle a bénéficié d’une couverture médiatique équitable et équilibrée.
Sixièmement, elle a gagné dans les localités où elle pouvait gagner et elle a perdu dans celles où elle ne pouvait pas gagner.
Septièmement, les radios privées n’ont pas inventé les résultats qu’elles ont proclamés à la fin des dépouillements des bulletins des bureaux de vote. La tendance générale qui se dégageait de ces résultats était une large victoire de Gorgui, et ce, dès le premier tour.
Évidemment l’opposition et ses supporters ont été surpris, pour ne pas dire tétanisés, par le rouleau compresseur du Candidat de la coalition Sopi 2007.
Faute d’arguments convaincants, elle tente maintenant d’assombrir la victoire d’Abdoulaye Wade en criant à la fraude massive. Elle ressemble à une équipe de football qui se fait battre par le score sans appel de dix (10) à zéro et qui se met à crier haut et fort que l’arbitre lui a volé un but.
Le Candidat Modou Dia avait poussé l’outrecuidance jusqu'à annoncer qu’il avait obtenu zéro voix dans le bureau de vote où lui, sa femme et ses deux amis avaient voté.
Depuis qu’il s’est avéré qu’il avait obtenu quatre (4) voix dans ce bureau, il a gardé un mutisme total.
Le Candidat Moustapha Niass est coutumier des faits. Rappelons qu’aux dernières législatives, il était le seul Chef de parti qui avait déclaré qu’il y avait eu des fraudes massives. Jusqu’ici, il n’a jamais pu prouver ses dires. C’est lui aussi qui avait annoncé que le pouvoir avait puisé des milliards dans les caisses de la SONACOS pour financer les élections. Pris en flagrant délits de mensonge, il s’était débiné en nuançant ses propos.
Le Candidat Ousmane Tanor Dieng, qui avait donné l’assurance à ses amis socialistes qu’il allait remporter l’élection au premier ou au second tour, s’est retrouvé à troisième place. La seule manière qu’il a trouvé pour garder une certaine crédibilité aux yeux de ses amis idéologiques, c’est de crier à la fraude alors qu’il a été laminé.
Le Candidat Idrissa Seck, lui, pensait jouer aux faiseurs de roi advenant un second tour. Ses officines n’ont d’ailleurs jamais cessé d’innonder la presse de prétendus sondages qui le mettait en pôle position. La victoire de Wade au premier tour, sans lui, a fini de briser ses rêves et d’hypothéquer ses chances de retrouver sa famille originelle. Il espère peut-être monnayer sa concession de la victoire pour éviter de retourner à Rebeuss.
En réalité l’opposition avait pensé naïvement que les élections ne se tiendraient pas à date échue. Elle n’était donc pas bien préparée.
La victoire sans appel de Me Wade était prévisible et normal car les sénégalais savaient que l’opposition au président était molle et que celui-ci avait un bilan largement positif. D’ailleurs j’écrivais, à propos de l’opposition, dans un article publié, entre autres, au quotidien Le Soleil et intitulé « Me Abdoulaye Wade, Prix Nobel de la Paix ? » les mots qui suivent :
" Elle a toujours pratiqué l’à-plat-ventrisme oppositionnel, caractérisé par un manque criarde de leadership, d’imagination et de stratégie. (…) Elle a toujours copié les stratégies développées par Me Wade, alors leader de l’opposition. Elle devrait savoir que Wade n’est pas Diouf. Et tant qu’elle continuera de laisser une certaine presse faire le travail à sa place, son réveil sera toujours brutal".
La première leçon que l’opposition doit tirer de sa débâcle électorale, c’est qu’une élection ne se gagne pas dans les salles de rédaction, mais bel et bien sur le terrain.
La deuxième, c’est qu’une opposition doit avoir un leader charismatique.
La troisième, c’est qu’elle doit donner un discours crédible et non nihiliste.
Et last but not least, elle doit respecter le choix du peuple, le verdict populaire.
Pour terminer, j’aimerais lancer un appel à Messieurs Idrissa Seck, Ousmane Tanor Dieng et Moustapha Niasse afin qu’ils se ressaisissent et fassent preuve de grandeur dans la défaite en concédant la victoire au président Wade. Le Sénégal n’en sortira que grandi et admiré de plus.
Je profite de l’occasion pour féliciter Me Abdoulaye Wade pour sa victoire éclatante contre l’opposition et la presse privée qui lui est affidée. Je lui demande de mettre en place une nouvelle politique de protection du consommateur, favorisant son accès à l’eau, à l’électricité, au téléphone et aux denrées de premières nécessité à des coûts raisonnables.
Vive le sénégal qui gagne avec Wade.

LE PRÉSIDENT SORTANT ABDOULAYE WADE PLÉBISCITÉ PAR SON PEUPLE

Le premier président de la Cour d'Appel, Cheikh Tidiane Diakhaté a communiqué, jeudi à Dakar (Sénégal), les résultats provisoires, ci-dessous, de l'élection présidentielle qui consacrent la victoire au premier tour d'Abdoulaye Wade avec 1.910.368 des voix, soit 55,8% des voix.
- Nombre d'inscrits : 4.917.157
- Nombre de votants : 3.467.522
- Nombre de bulletins nuls : 4.771
- Nombre de suffrages valablement exprimés : 3.419.751
- Ont obtenu :
- Moustapha Niasse : 202.865 (4e)
- Abdoulaye Bathily : 75.759 (6e)
- Abdoulaye Wade : 1.910.368 (1er)
- Cheikh Bamba Dièye : 17.233 (9e)
- Idrissa Seck : 510.610 (2e)
- Mamadou Lamine Diallo : 16.551 (10e)
- Robert Sagna : 88.390 (5e)
- Landing Savané : 70.666 (7e)
- Mame Adama Guèye : 13.669 (11e)
- Modou Dia : 4.488 (15e)
- El Hadj Alioune Mbaye : 9.024 (13e)
- Ousmane Tanor Dieng : 463.967 (3e)
- Doudou Ndoye : 9.929 (12e)
- Louis Jacques Senghor : 8.208 (14e)
- Talla Sylla : 18.014 (8e)

Le Candidat Abdoulaye Wade a aussi remporté les élections dans tous les pays étrangers où les sénégalais ont voté.
Transmettons nos félicitations au président Wade. Son peuple est plus que jamais derrière lui. Ce plébiscite démontre, s'il en est encore besoin, que les sénégalais apprécient à juste valeur le travail colossal qu'il a abattu au cours de son septennat.

RÉSULTATS DES ÉLECTIONS AU CANADA

Les élections présidentielles se sont bien déroulées au Canada. Les sénégalais ont voté dans le calme et la discipline à Montréal, Ottawa et Toronto.
Le Candidat de la Coalition Sopi 2007, Me Abdoulaye est le vainqueur.
Voici les résultats enregistrés à la sortie des bureaux de vote le 25 février 2007.


Ont obtenu :

- Moustapha Niasse : 73
- Abdoulaye Bathily : 29
- Abdoulaye Wade : 75
- Cheikh Bamba Dièye : 03
- Idrissa Seck : 52
- Mamadou Lamine Diallo : 26
- Robert Sagna : 05
- Landing Savané : 11
- Mame Adama Guèye : 22
- Modou Dia : 00
- El Hadj Alioune Mbaye : 00
- Ousmane Tanor Dieng : 59
- Doudou Ndoye : 03
- Louis Jacques Senghor : 01
- Talla Sylla : 13

mercredi, février 14, 2007

RÉALISATIONS DU PRÉSIDENT WADE ( 1ÈRE PARTIE)

Je voudrais exposer, à partir de maintenant, des extraits du bilan (actifs) des réalisations du Président Abdoulaye Wade, mon candidat, mon idole.
Aujourd'hui, j'ai choisi de commencer par le volet infrastructures.
Vous me permettrez de les lister, sans commentaires. Toutefois, la liste n'est exhaustive.
Vous ne manquerez pas de constater que mon candidat a fait, dans ce domaine, plus que les colons français et les socialistes qui se sont succédés au pouvoir de 1960 à 2000.
Vous ne manquerez pas de constater que Wade '' AMOUL MOROM''.
C'est pourquoi, je luis dis: '' GORGUI, NOTRE SAMBA TALI, DOYALUNU, DOLLIL ENCORE BÉNÈNE MANDAT BU SAAF ''.

EXTRAIT DES INFRASTRUCTURES RÉALISÉES PAR LE PRÉSIDENT WADE
INFRASTRUCTURES ROUTIÈRES
Thies-Sindia-Tassete (38km)
Bignona-Diouloulou-Selety (64km)
Touba-Khelcom (70km)
Kolda-Diana Malari (38km)
Diamniadio-Mbour-Fatick-Kaolack(125km)
Mbour-JoalL (32km)
Sokone-Karang (42km)
Voirie à Dakar- Guédiawaye et Pikine
Pont de Médian Diakhbé
Pont de Joal Fadhiout
Echangeur de Malick Sy
Ziguinchor-Cap Skiring
Linguère-Matam (226km)
Fatick-Bambey (42km)
Pont de Ngoye
Échangeur du pont de l’Amitié, de Cices, Camberene, Pikine Thiaroye, Keur Masseur, Rufisque Est et Ouest et Diamniadio.
Bignona- Diouloulou- Selety (64km)
Sokone-Karang (42km)
Thies-Sindia-Tassete (38km)
Touba-Khelcom (70km)
Kolda-DianaMalari (38km)
Diamniadio-Mbour-Fatick-Kaolack (152km)
Ziguinchor-CapSkiring-Mpack(90km)
Birkilane-Tamba(235km)
La boucle du Blouf (543km)
Fatick-Diakhao-Gossas (45km)
Kaolack-Passy-Kaolack-Ndofgfane-Kavil-Keur Madiabel (86km)
Pont de Halwar (planifié pour 2006)
Pont Faidherbe (planifié pour 2006)
Pont Emile Badiane (planifié pour 2006)
Pont de Joal Fadiouth (planifié pour 2006)
Échangeur de Malick Sy
Échangeur de Cyrnos
Carrefours de Baakou et Cabral
Aménagemt de la corniche
Place du millénaire
410 bus ont été achetés, et le renouvellement des cars rapides est en cours.
105 minubus remplacement des cars rapides a déjà été livrée. Respectifs.
225 minibus dont les contrats sont déjà signés et 175 autres qui n’attendent qu’à être livrés.
Le renouvellement de la flotte de taxis va suivra bientôt
LES INFRASTRUCTURES SCOLAIRES ET UNIVERSITAIRES :
Constructions d’universités et d’établissements scolaires
-Université Polytechnique de Thiès
-Université du Futur Africain
-Université de Bambey
-Université de Ziguinchor
-Construction de 9110 salles de classes depuis l’an 2000
-35 lycées, 211 collèges et 2 écoles d’enseignement technique
LES INFRASTRUCTURES SANITAIRES :
60 postes de santé construits
100 postes de santé rénovés
15 centres de santé construits ou rénovés
Hôpital de Fatick
Hôpital de Ziguinchor
Hôpital de Matam
Hôpital de Pkine

Ces infrastructures ont permis la créations de milliers d'emplois

mardi, février 13, 2007

PROFESSION DE FOI DE MON CANDIDAT





Profession de foi du Candidat Abdoulaye Wade

Mes Chers Concitoyens,
Le 19 mars 2000, dans un formidable élan populaire, le Peuple souverain, a décidé de me porter à la magistrature suprême, me confiant ainsi la responsabilité de conduire le Sénégal, notre Pays, dans les voies de la prospérité et du progrès social.
L’ambition, que j’ai toujours nourrie pour notre pays a, pendant sept (7) ans, guidé mes pensées, mes réflexions et mes actions qui, à chaque instant, ont été inspirées par les convictions auxquelles j’ai toujours crues, convictions ancrées dans les valeurs fondamentales de développement, de promotion humaine, de solidarité et de responsabilité.
Pour avoir toujours eu une foi profonde en un Sénégal meilleur, dans une Afrique réhabilitée et unie, je me suis employé à mener des politiques hardies dans tous les domaines de la vie politique, économique, sociale et culturelle.
Le 25 février 2007, en choisissant de me présenter à nouveau, devant vous, mes chers concitoyens, pour solliciter vos suffrages, je me fonde sur deux convictions: d’abord un bilan largement positif, ensuite l’acceptation du devoir de parachever l’œuvre titanesque d’édification d’un Sénégal uni, prospère et solidaire.
Le bilan de mon septennat se décline en des réalisations aujourd’hui visibles partout.
De 2000 à 2007, nous avons remis à niveau le pays dans tous les domaines, en le mettant en chantier, engagé de grands changements structurels, accélérés, prometteurs, et jeté les bases d’un développement durable.
De 2000 à 2007, nous avons atteint des performances économiques record, avec un taux de croissance moyen de 5 à 6 % l’an, un accroissement considérable du niveau du budget de l’Etat de 500 milliards à 1500 milliards de francs cfa, une inflation maîtrisée.
De 2000 à 2007, nous avons porté le volume des investissements privés de 350 milliards francs cfa par an à 653 milliards, ce qui est la preuve que le Sénégal de l’alternance inspire confiance ; on peut y investir, y faire fructifier son capital dans la paix, la sécurité et la stabilité.
De 2000 à 2007, nous avons créé 197.000 nouveaux emplois inversant ainsi la tendance d’avant 2000.
De 2000 à 2007, grâce à des efforts exceptionnels de l’Etat sur ses propres ressources budgétaires, et avec la confiance renouvelée de nos partenaires internationaux, nous avons entrepris la réalisation d’infrastructures d’envergure de nouvelle génération, à savoir:
La densification du réseau routier national à travers la construction de nouvelles routes bitumées et la réhabilitation des routes anciennes,Le vaste programme de construction d’autoroutes, de ponts, d’échangeurs, de carrefours, de pistes de désenclavement et de production.
De 2000 à 2007, nous avons opéré une mutation conceptuelle: une politique d’infrastructures de dernière génération a remplacé les anciennes politiques d’équipement. Cette option du Sénégal a, depuis, fait école dans toute l’Afrique.
De 2000 à 2007, nous avons réhabilité le réseau de transport public moribond en 2000, avec la mise en exploitation du parc d’autobus de la Société Dakar Dem Dikk, aidé au renouvellement et à la modernisation du parc de transport exploité par des privés, œuvré à la création de la Société SENBUS et de la Société SENIRANAUTO.
De 2000 à 2007, nous avons réalisé des actions jusque là inconnues en faveur du monde rural: amélioration quantitative et qualitative des intrants et autres facteurs de production (semences, engrais, produits phytosanitaires), extension considérable du nombre des ayants droit, suppression des intérêts usuraires imposés aux paysans, transport gratuit des engrais, 15 milliards de francs Cfa injectés pour le renouvellement du matériel agricole existant qui datait d’au moins vingt (20) ans, soutien continu du prix au producteur de l’arachide et diversification agricole tous azimuts (maïs, sésame, manioc, etc) afin de garantir un revenu équitable et plus conséquent aux acteurs du monde rural, lancement du Programme retour Vers l’Agriculture (REVA), 364 milliards de francs Cfa injectés dans le secteur en sept (07) ans.
De 2000 à 2007, nous avons réalisé près d’une centaine de bassins de rétention, des forages, des micro barrages, qui ont régénéré des zones jadis abandonnées et redonné vie et espoir à des populations vouées au désespoir et à l’exode rural.
De 2000 à 2007, nous avons adopté la Loi d’Orientation Agro-Sylvo-Pastorale (LOASP), base d’une réforme et d’une modernisation du secteur agricole.
De 2000 à 2007, nous avons engagé des investissements massifs dans le secteur des transports maritimes, érigé le Port autonome de Dakar en une plateforme sous régionale et régionale d’avant-garde, et promu les réformes nécessaires dans le secteur de la pêche. Alors que le gilet de sauvetage était vendu à 25.000 francs Cfa la pièce, nous l’avons ramené à 5.000 francs Cfa, permettant des économies considérables pour les pêcheurs, sans compter les retombées en terme de sécurité.
De 2000 à 2007, nous avons introduit des transformations radicales dans le système éducatif sénégalais, avec une vision intégrée et novatrice, de la Case des Tout-petits à l’Université du Futur Africain, et consacré 41 % du budget de fonctionnement de l’Etat à la formation des ressources humaines.
De 2000 à 2007, nous avons institué la scolarisation obligatoire continue de 06 à 16 ans, introduit l’enseignement religieux, érigé des daaras modernes, et élargi la carte scolaire et universitaire avec la création, après l’Université Polytechnique de Thiès, de nouvelles Universités à Ziguinchor et Bambey.
De 2000 à 2007, nous avons construit 15.000 salles de classe, 211 nouveaux collèges, 38 nouveaux lycées modernes dont un lycée technique et 02 écoles d’enseignement technique, 05 nouvelles écoles de formation des instituteurs, 332 cases des tout-petits avec un programme de renforcement nutritionnel. Rien que pour l’année 2005, ce sont 25 nouveaux lycées que le Gouvernement a réceptionné, alors que de 1919 à l’an 2000, soit 81 ans, le Sénégal n’en comptait que 20.
De 2000 à 2007, nous avons porté le taux brut de scolarisation de 70 à 78 %.
De 2000 à 2007, nous avons codifié 14 nouvelles langues nationales, créé l’Académie des langues nationales, et fait reculer l’analphabétisme dans des proportions considérables.
De 2000 à 2007, nous avons entamé la correction des disparités régionales en matière de santé, en construisant et réhabilitant 5 hôpitaux, 11 centres de santé de référence, 100 postes de santé, 4 blocs opératoires, 26 maternités et mis en œuvre une réforme hospitalière d’un type nouveau.
De 2000 à 2007, nous avons renforcé l’accès des populations aux médicaments par la promotion du générique, pris en charge les coûts des soins des personnes vivant avec le VIH, ramené le taux de prévalence à 1,5 %.
De 2000 à 2007, nous avons consacré la gratuité des soins en faveur des handicapés et des personnes âgées avec le programme Sésame, introduit la gratuité des accouchements par césarienne, de la prise en charge sanitaire gratuite des populations défavorisées.
De 2000 à 2007, nous avons mis en œuvre une véritable politique de promotion de l’habitat social, avec comme ambition une famille un toit, au travers notamment du Plan Jaxaay, et du programme d’accès massif aux parcelles viabilisées.
De 2000 à 2007, nous avons mis à la disposition de la jeunesse 13 milliards de francs CFA dans le cadre de différents programmes, pour près de 5.600 projets financés, qui ont généré plus de 39.000 emplois.
De 2000 à 2007, nous avons donné aux femmes une dignité nouvelle, en propulsant leur accès à la terre, aux instances de décision et de pouvoir, dans les forces armées et de sécurité, et introduit la dimension genre à tous les échelons de la République et à l’Union africaine.
De 2000 à 2007, nous avons porté l’âge de la retraite à 60 ans, renfloué le Fonds national de Retraite, et relevé considérablement le niveau des pensions de retraite.
De 2000 à 2007, nous avons construits 09 centres artisanaux, soit en 7 ans, plus que le régime socialiste n’ait fait en 40 ans.
De 2000 à 2007, nous avons apporté, protection, soutien, considération et encouragement aux sénégalais de l’extérieur à l’occasion de chacun de nos déplacements hors du Sénégal.
De 2000 à 2007, nous avons, sur la base d’une diplomatie de développement, d’ouverture et de paix, fait du Sénégal un partenaire fiable, respecté, consulté, écouté, devenu incontournable sur l’échiquier politique africain et mondial.
De 2000 à 2007, nous avons promu des avancées démocratiques, permettant au printemps des libertés d’éclore dans notre pays, cité partout comme un modèle d’Etat respectueux des droits humains, avec une presse libre et un pluralisme politique et syndical foisonnant.
Nos succès et nos réussites, loin d’être le produit du hasard, sont le résultat d’un formidable mouvement de solidarité dans les idées et les actions, inspiré par une Vision et un désir commun de sortir des méthodes de pensée et d’action conformistes, ainsi que de la ferme volonté de rompre avec les voies classiques jusque là empruntées, faites d’expédients et de thérapies inadaptées, pour installer le Sénégal dans le cercle des nations émergentes.
Ils justifient la décision sans précédent dans notre histoire, prise par près de 60 partis politiques et plus de 500 mouvements de soutien, d’appuyer ma candidature.
Mes Chers Concitoyens,
Dans le contexte d’un Sénégal nouveau, où les Sénégalaises et les Sénégalais sont plus exigeants vis-à-vis d’eux-mêmes et des pouvoirs publics, de nouveaux défis nous interpellent.
C’est la raison pour laquelle, je m’emploierai à consolider les acquis et à achever les chantiers en cours. En même temps, j’ambitionne de poser de nouveaux actes forts pour davantage répondre à la demande sociale.
Le quinquennat à venir sera pour moi celui des jeunes, des femmes, des Sénégalais de la Diaspora, des Opérateurs Economiques et des Acteurs du Monde Rural (Paysans, Pasteurs, Pêcheurs).
Ces cinq forces motrices seront les porte-étendards des politiques que j’entends conduire pour satisfaire les priorités et attentes des Sénégalaises et des Sénégalais.
Aujourd’hui que nous sommes à la croisée des chemins, le succès durable ne fait plus de doute ; il s’agit maintenant de faire plus et mieux.
Le prochain quinquennat, pour lequel je sollicite vos suffrages, sera pour moi celui d’un engagement indéfectible à poursuivre l’œuvre déjà entamée, pour définitivement installer le Sénégal sur la voie de l’émergence.
Maître Abdoulaye WADE

Candidat à la Présidence de la République

DO SEN MOROM!



LE BULLETIN À METTRE DANS L'URNE



Ci-dessus, le bulletin de vote qui qui fera du Sénégal un pays émergent.



Je vote pour le candidat Abdoulaye Wade, le meilleur de tous.

Faites comme moi, pour l'amour du Sénégal

RÉPONSES À VOS QUESTIONS

Depuis l’annonce par le Président de la République, Me Abdoulaye Wade, du retour de Mr. Idrissa Seck dans le Parti démocratique sénégalais, PDS, je passe, chaque jour, plusieurs heures au téléphone pour tenter d’expliquer ce volte-face historique de mon patron. J’ai reçu au cours de la dernière semaine énormément de messages électroniques via ce blogue. Des militants du PDS, de partout dans le monde, mais aussi de simples citoyens ou amis du Sénégal m’ont posé beaucoup de questions. J’ai constaté que certaines sont devenues récurrentes. C’est pourquoi, j’ai décidé, dans cette édition, de reproduire ces questions et les réponses que j’y ai apportées.

Q : Le Président Wade a ramené celui que tu as toujours dénigré et qualifié de tous les noms d’oiseaux. Comment te sens-tu à présent? N’as-tu pas honte?

R : J’ai suivi comme vous, le compte-rendu à la Nation du Président Wade de l’audience qu’il a accordé à son ancien numéro II. Je ne connais pas tous les éléments d’analyse en possession du Chef de l’État et qui l’ont poussé à faire ce volte-face aussi spectaculaire qu’historique. À vrai dire, je me sens un peu désabusé. Désabusé, non pas par le fonds de la chose, car je savais que le Président est d’une magnanimité hors pair, mais par la forme. Voir mon idole se transformer quasiment en rapporteur d’audience ou en porte-parole, assis dans un bureau avec un drapeau du Sénégal à ses côtés, m’a particulièrement choqué. Mais je suis serein, car aucun acte posé par Me Wade ne peut me surprendre. C’était devenu un secret de polichinelle, qu’il voulait le retour de son dauphin initial.
Pourquoi aurais-je honte d’avoir défendu mes positions? Je continue à croire qu’Idrissa Seck est un voleur de milliards et un traître. Et qu’en tant que tel, il doit être combattu sans ménagement, à l’intérieur ou à l’extérieur du parti.

Q : Que vas-tu devenir maintenant que Wade veut Idrissa à ses cotés?
R : Votre question est surprenante. Elle aurait un sens si elle était posée à quelqu’un qui doit sa situation actuelle à Me Wade ou à Idrissa Seck.
Je ne dois pas mon travail, mes diplômes ou ma position sociale ni à l’un, ni à l’autre.
Qu’Idrissa soit à l’intérieur ou à l’extérieur du PDS, cela ne changera en rien ma situation professionnelle. Je peux te dire que j’ai fini de gagner les moyens de mon indépendance depuis longtemps.

Q : Qu’est –ce qui a poussé ton leader à négocier avec Idrissa Seck?
R : Lui seul le sait vraiment! Cependant je pense que la gestion du parti et des investitures par Macky Sall n’est pas étrangère à la multitude de paramètres examinés par le Secrétaire général National du PDS. Tout monde sait que le Chef du Gouvernement a des ambitions présidentielles inavouées. L’actuel PM a usé des mêmes méthodes de gestion du parti instaurées naguère par Idy, à savoir, écarter tous ceux ou celles qui pourraient lui faire ombrage. Toutefois, je demeure convaincu que sa gestion gouvernementale est quasiment irréprochable.



Q : Vas-tu à présent changer d’opinions en ce qui concerne Idrissa Seck?
R : Je n’ai jamais eu confiance à ce bonhomme et ma défiance envers lui s’est accru quand il a tenté de saborder le parti et de s’attaquer frontalement à ce que nous avions de plus cher : Notre leader Abdoulaye Wade.
C’est le président qui avait déclenché la guerre contre Idy. C’est lui qui décide maintenant de fumer avec lui le calumet de la paix.
Je me garderai donc de gêner la réconciliation, pour le respect et l’estime que je voue à mon Gorgui. Mais je demeure convaincu qu’Idrissa Seck, Mara, est un adepte du sectarisme, du régionalisme, du vol et de la traîtrise.
«Idy milliardaire !Woupp sacceey ! Idy!». C’était là le magnifique slogan que j’avis concocté contre les militants du plus grand voleur de l’histoire du Sénégal.

Q : Pourquoi n’êtes-vous pas surpris par le retour d’Idrissa Seck au PDS!
R : Ce n’est qu’un retour annoncé qui tarde encore à se matérialiser dans les faits.
Depuis que le Chef du Gouvernement a officiellement distribué les 7 milliards offerts par le Président de la république, j’étais convaincu qu’Idrissa Seck avait fini de payer une partie de ce qu’il avait détourné des fonds à lui confiés par Me Wade.

Q : Croyez-vous qu’Idrissa se présentera à l’élection présidentielle?
R : Lui seul peut vraiment y répondre. Je peux simplement vous dire qu’il fera preuve d’incohérence et de tortuosité en acceptant de revenir dans le PDS et d’être, en même temps, un concurrent du leader de ce parti aux élections. Mais avec ce bonhomme hypocrite et assoiffé de pouvoir, cela ne surprendrait pas qu’il maintienne sa candidature.
Peut-être a t-il l’idée de se présenter comme le sauveur de Wade advenant un hypothétique deuxième tour.
Mais le bilan de mon leader est tel que les sénégalais voteront en masse en sa faveur et lui redonneront un second mandat dès le premier tour.

dimanche, juillet 30, 2006

Pour une diplomatie économique au Sénégal


Dans cette édition, j’ai choisi de tenir compte des critiques que certains de mes lecteurs ont formulées, à savoir que le Blog est trop accentué sur la politique . Mais avouez que demander au Secrétaire général de la Fédération PDS du Canada d’aborder moins de questions politiques, ne relève pas du bon sens. Les uns m’ont demandé de publier ma thèse ou des extraits de documents que j’ai produits ça et là lors de conférences ou de séminaires et les autres d’exposer les raisons de mon soutien à Michael Ignatieff, cet éminent professeur à Harvard, candidat à la course au leadership du Parti libéral du Canada. Pour mon ami Michael, je le ferai, mais au moment que je jugerais opportun.
Je tiens d’abord à souligner que j’ai ouvert cet espace pour uniquement donner mon opinion sur des questions de mon choix. Ensuite produire ici des documents d’une teneur non accessible au plus commun de mes lecteurs, ne m’agrée pas.
Vous me permettrez, cependant, de faire d’une pierre deux coups : m’écarter, cette fois, de ce que ces critiques qualifient de sujets "politiques" pour me pencher sur un sujet, rarement abordé sur la toile : La diplomatie comme outil de développement économique.
La mondialisation a instauré une sorte de prédominance de l’économie sur la politique. Cette prédominance s’est traduite par l’avènement d’une nouvelle économie caractérisée, non seulement, par une interdépendance plus dense entre économies des différents pays, mais aussi par un accroissement et un décloisonnement des marchés. Dans ce contexte, la compétitivité devient l’enjeu principal. Cette compétitivité se fait entre les entreprises, les villes, les régions et les États. Elle est devenue assimilable à un jeu à somme nulle où l’on gagne ce que l’autre perd et vice-et-versa. Aussi les États cherchent-ils à faire preuve d’innovation dans leur démarche pour être compétitifs. C’est dans ce cadre que certains pays essayent de mettre à contribution leur diplomatie. C’est le cas, notamment du Sénégal. Ce pays en développement a une économie caractérisé par une balance commerciale très déficitaire avec des exportations couvrant à peine 40% des importations. Cependant son taux de croissance moyen pour les cinq dernières années est d’environ 5% et dépend principalement de l’agriculture qui demeure encore, pour l’essentiel, soumise aux aléas climatiques.
Les investissements privés sont encore faibles mais le pays occupe une place privilégiée concernant le flux d’investissements étrangers directs dans la sous région. Il dépend beaucoup de l’aide publique au développement. Le Président de la République, Abdoulaye Wade, dès son accession à la magistrature suprême, a décidé d’une nouvelle politique étrangère à même d’aider le pays à faire face aux défis du nouveau contexte international.
Selon le ministère des affaires étrangères : " Le but ultime de cette nouvelle politique étrangère du Sénégal est la relance de la croissance économique et le développement, la promotion de l’amitié, de la paix et la concorde entre les peuples ainsi que le renforcement de la coopération internationale ".
Cette nouvelle politique étrangère a forcé la définition d’une nouvelle diplomatie dont l’objectif est de traduire en actions concrètes les nouvelles priorités du pays. Il s’agit à cet égard de " promouvoir une diplomatie économique, d’attrait des investissements, et donc véritablement au service du développement, de consolider les cercles d’amitié et de solidarité, de revaloriser les axes de coopération Nord-Sud et Sud-Sud ".
Le Président de la République s’est attelé à doter son pays d’une diplomatie de développement capable de relever les défis de la globalisation.
Pour ce faire, il a défini une nouvelle politique étrangère basée sur trois axes fondamentaux :
-L’ancrage panafricaniste;
-L’insertion plus marquée dans l’économie mondiale;
-La consolidation des axes traditionnels et l’exploration de nouveaux axes de coopération internationale.
Le premier axe s’inscrit conformément à une disposition de la nouvelle constitution de 2001 stipulant que le Sénégal était prêt à céder toute ou partie de sa souveraineté au profit de l’unité africaine. Le pays entend ainsi jouer un rôle de premier plan dans la réalisation de cette unité.
Le deuxième axe souligne l’importance que le pays accorde au développement économique dans le contexte de la mondialisation. C’est ainsi que le pays a fourni au Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) ses piliers les plus essentiels que sont les infrastructures, l’éducation, l’agriculture, la santé et le choix de l’entreprise privée comme locomotive du renouveau économique de l’Afrique.
Enfin, le troisième axe réaffirme la consolidations des axes traditionnelles de coopération avec ses partenaires privilégiées, la France, les États-Unis, le Canada et les pays pétroliers du golfe et se donne des perspectives encore plus larges pour un re-dimensionnement de la coopération internationale, sans oublier la politique traditionnelle de bon voisinage avec les pays limitrophes.
Il a mis en avant une nouvelle politique diplomatique axée sur la promotion des investissements et des exportations et ce, pour mieux tirer avantages des délocalisations, de l’économie du savoir, du commerce et des finances. Cependant, mettre la diplomatie au service du développement suppose une sérieuse remise en question du mode fonctionnement classique des représentations diplomatiques et de la mentalité des diplomates. Cette remise en question passera par une véritable " réingénierie de la diplomatie " et ne manquera pas de charrier un important changement, pour ne pas dire une onde de chambardement diplomatique, si elle n’était pas bien pensée et bien exécutée. C’est dire que toute la problématique de cette nouvelle orientation s’articulera inévitablement autour des questions suivantes : Le Sénégal est –il en mesure d’utiliser la diplomatie pour accroître sa compétitivité et donner un coup de fouet à sa croissance économique ?
Quels seront les enjeux de cette diplomatie économique ?
Le Sénégal dispose t-il de ressources humaines et financières pour mettre en œuvre une diplomatie économique?
Quelles modes de gestion de changement mettre en œuvre pour vaincre le conservatisme des diplomates ?
Or, depuis l’énoncé de la nouvelle politique étrangère, il n’existe pas , à notre connaissance, beaucoup réflexions sérieuses sur la mise en place ou sur le contenu de la diplomatie économique. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé dans cette édition de mon blog de contribuer à la réflexion sur la diplomatie d’un Sénégal aux portes de l’émergence.
L’opinion publique sénégalaise, à l’image de celle de beaucoup d’autres pays, observe le monde des diplomates avec distance. Elle considère les diplomates comme des privilégiés qui sont envoyés à l’étranger et dont le train de vie obère le budget du pays. Elle s’interroge sur l’utilité réel des diplomates et sur leur rôle qui semble superfétatoire. C’est dire donc que les diplomates n’ont pas bonne presse. C’est ce qu’avait d’ailleurs compris l’ancien régime, qui, à la moindre secousse des finances publiques, sabrait dans le budget du Ministère des Affaires étrangères. Le régime issu des élections du 19 mars 2000, semble faire le pari que le pays a plus que jamais besoin de son appareil diplomatique pour s’insérer dans la dynamique de l’économie mondiale.
Mais avant d’aller plus loin, permettez moi de m’appesantir sur l’approche théorique de la diplomatie économique de façon générale, avant d’aborder la diplomatie sénégalaise proprement dite à travers sa mission, son fonctionnement et la place de choix qu’elle confère à notre jeune nation.
APPROCHE THÉORIQUE DE LA DIPLOMATIE ÉCONOMIQUE
Je n’ai pas ici la prétention de dresser un cadre conceptuel, mais d’en dresser, du moins, un contour qui s’articulera autour des écoles de pensée, des conditions ayant présidées à la nouvelle émergence de la diplomatie économiques, sa place dans les relations internationales, ses objectifs, ses acteurs, ses lieux de prédilections et de l’expérience en la matière dans certains pays. Mais auparavant, nous allons essayer de définir la diplomatie économique.
Définition de la diplomatie économique
La diplomatie économique est un terme générique qui désigne le volet économique de la diplomatie.
La diplomatie étant l’ensemble des moyens mis en œuvre par un État, dans le cadre de sa politique étrangère, principalement à travers la représentation, la négociation et l’entretien de relations bilatérales ou multilatérales, la diplomatie économique, quant à elle, peut se définir comme l’utilisation de l’appareil diplomatique en tant qu’instrument au service de la compétitivité nationale et internationale d’un pays, de sa croissance économique et de son développement ou de sa puissance économique.
Il ressort de cette définition que c’est une diplomatie qui vise à servir l’économie et à renforcer l’entreprise et qui se sert de l’économie comme matière.
Partant du constat que c’est la recherche d’un résultat économique qui caractérise la diplomatie économique nonobstant les moyens utilisés pour y parvenir, Guy Carron De La Carrière (1998), la définit comme la recherche d’objectifs économiques par des moyens diplomatiques, qu’ils s’appuient ou non sur des instruments économiques pour y parvenir.
Dans ce contexte, le ministère des affaires étrangères devient le centre de coordination et de relais de toutes les initiatives et actions internationales de l’État.
Place de la diplomatie économique dans les relations internationales
L’élément économie a été, de tout temps, important dans l’action diplomatique. La sécurité des approvisionnements, la route des Indes, les traités de commerce et de navigation, les foires du Moyen-Âge, les empires coloniaux, la recherche de zones d’influence et la recherche de garanties pour la sécurité des entreprises et le respect des engagements financiers sont autant d’éléments qui, jadis, ont été au cœur des préoccupations diplomatiques. C’est dire que la diplomatie économique n’est pas née d’hier. Même si les objectifs et les méthodes ne sont plus pareille, l’économie est encore, aujourd’hui, très déterminante dans les relations internationales. Elle est devenue la pierre angulaire de la majeure partie des rencontres internationales notamment le G8, le FMI, la Banque Mondiale, l’OCDE, le NEPAD, Sommets annuels de Davos et l’OMC.
Qui plus est, les organisations économiques internationales s’intéressent de plus en plus à la gouvernance économique des États. Elles inspirent ou dictent parfois même, l’agenda de la politique économique dans certains pays en développement.
En outre, avant la dislocation du bloc soviétique, les structures des relations commerciales se construisaient autour des alliances militaires. Aujourd’hui, tout se passe comme si elles étaient principalement à base économique. Dans cette même ordre d’idées, nous pouvons rappeler que la naissance de l’union européenne remontre à la communauté du charbon et de l’acier, puis au marché commun. C’est ultérieurement que sont venu s’y greffer les dimensions de politique étrangère, de défense ou de sécurité. Le G7 également à débuté à Rambouillet en France en 1975 sur une discussion sur l’avenir du Système monétaire. Ce n’est que plus tard que son ordre du jour a fait place à des questions politiques. Ainsi, les intérêts économiques constituent une variable qui pèse lourdement sur les relations internationales et ce, sous l’impulsion du processus de libéralisation et de déréglementation des échanges entre nations. Cette libéralisation des échanges et des mouvements des capitaux est en train de s’imposer comme une tendance lourde de la politique économique internationale. En effet la croissance mondiale des échanges de marchandises et services ainsi que des investissements extérieurs des entreprises et des flux financiers est incomparablement plus forte que celle de la production mondiale.
Cette importance grandissante de l’économie dans les relations internationales a poussé à une nouvelle recrudescence de la diplomatie économique.
Nouvelle émergence de la diplomatie économique
Du fait de l’interdépendance croissante des économies née de la mondialisation, l’équilibre économique est devenue une question d’intérêt commun. Il n’y a plus de crises économiques ou financières localisées. La moindre secousse en Asie ou en Amérique Latine affecte Tokyo, Bay Street, Wall Street, Londres ou Francfort. La demande extérieure influe sur la croissance. Les disparités de développement sont aussi génératrices d’instabilités commerciales, sans compter le niveau des liquidités internationales qui a des répercussions sur l’inflation ou la solvabilité. L’ingérence économique est en train de s’ériger en paradigme diplomatique et économique car chaque État veille à ce que les politiques économiques menées à l’extérieur de ses frontières soient compatibles avec celle qu’il mène. La frontière entre l’intérieur et l’extérieur ne cesse s’amenuiser. C’est dire que les États se sentent désormais affectés par la santé économique de leurs partenaires. Le bon fonctionnement de l’économie libérale devient un sujet de préoccupation de la communauté internationale. De même, les déréglementations ou dérégulations, la suppressions des obstacles à la concurrence, les règles de passations des marchés ou d’appels d’offres , le désarment douanier et tarifaire, les mesures non tarifaires et la liberté des échanges sont devenus des enjeux éminemment diplomatiques. Tout se passe comme si aucune activité politique internationale ne pouvait se dispenser d’une dimension économique à organiser, négocier ou évaluer. C’est sans doute, ce qui a fait dire à Guy Carron De La Carrière (1998) que :
" Il n’y a pas de politique culturelle sans vision de l’économie de la culture et sans le support des grands groupes multimédia ; il n’y a pas de politique de défense et d’alliances militaires sans prise en compte des industries d’armement et sans comptabilité des matériels ; il n’y a pas de politique scientifique sans une coopération internationale, c’est-à-dire sans financements conjoints de recherches ou publications à rayonnement international ".
Il s’y ajoute que le caractère multipolaire de l’économie rend encore plus nécessaire la concertation et la négociation entre États (politique commerciale, politique des transports, politique monétaire, politique de concurrence, politique d’attrait des investissement, politique d’aides aux entreprises, etc.). L’objet des échanges s’est agrandi et s’est diversifié : le flux des investissements, des services, des biens immatériels est venu s’ajouter à celui des marchandises. Ce foisonnement des échanges est devenu une pièce essentielle des économies, de sorte qu’il est nécessaire que les États s’entendent sur leurs modalités de fonctionnement. Les entreprises se référent plus à la concurrence et aux marchés qu’à leur pays d’origine. Leurs activités reposent maintenant sur des collaborations, des contributions et des fournitures qui transcendent les frontières. Ce qui entraîne des conséquences tant au niveau de l’appui aux entreprises, qu’au niveau des politiques économiques extérieures. L’intérêt économique des entreprises fait l’objet d’interventions et de pressions diplomatiques, soit pour l’ouverture de débouchés, soit en vertu d’une stratégie nationale d’exportation et d’investissement.
En un mot, l’économie est devenue en soi un objet de diplomatie et non un accessoire . Ce qui fait que le multilatéralisme est en train de s’épanouir dans la sphère économique. Il engendre des méthodes et activités diplomatiques nouvelles qui vont au-delà du cercle des diplomates traditionnels puisse que l’international pénètre de plus en plus tous les aspects de la vie des entreprises et des administrations publiques. Aujourd’hui, nous assistons, aussi bien dans les grandes puissances économiques et financières que dans les pays dits émergents, à l’envole de la diplomatie économique. Cette dernière fait l’objet de plusieurs écoles de pensées que j’ai volontairement classées en trois, suite à des recoupements. Cependant, je passerais sous silence l’école classique et ses héritiers pour ne retenir que l’école du libre marché et l’école néo-diplomatique.
École du libre marché
Pour les adeptes du libre marché, l’intervention de l’État dans la mise en œuvre de la diplomatie économique n’est pas nécessaire. L’État doit, plutôt, se concentrer sur ses missions régaliennes. C’est la vision dominante chez les ultra-libéraux et les institutions de Bretton Woods. Selon cette école de pensée, les États devraient se désengager du fonctionnement de l’économie, ouvrir leur marché, assainir leur environnement fiscal, mettre en œuvre la privatisation des entreprises publiques et des politiques permettant le rétablissement des équilibres macro-économiques. Cette voie est celle de la bonne gouvernance. Elle permet d’atteindre tous les objectifs recherchés à travers la diplomatie économique dont la mise en œuvre ne serait plus, par conséquent, nécessaire. C’est la doctrine du " laissser-faire " et " du laisser-aller " dans le domaine de la diplomatie économique.
Ainsi, la libéralisation des marchés sera le cheval de bataille des auteurs du libre marché dont un des précurseurs, à mon avis, est Walras, même si les défenseurs de cette théorie restent encore cantonnés dans les institutions de Bretton Woods.
École néo-diplomatique
Selon les auteurs de l’école néo-diplomatique, la diplomatie doit servir l’économie. En d’autres termes, elle doit avoir pour finalité l’accroissement de la croissance économique et du développement. L’élargissement et l’accélération de la libéralisation des échanges mondiaux constituent des faits marquants de la nouvelle économie internationale qui a généré une interdépendance de plus en plus marquée entre les économies. Le nouveau contexte international force au renforcement de la fonction économique de la diplomatie. Ce contexte est caractérisé également par l’internationalisation croissante des entreprises, le renforcement du processus de mondialisation de la production et des échanges et une utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication qui croît à une vitesse fulgurante. Dans ce contexte, la diplomatie est appelée à ajuster ses fonctions économiques pour répondre aux besoins des opérateurs économiques. Elle doit aussi assurer le renouveau de ses anciennes missions relatives à la défense des intérêts économiques nationaux. Selon Guy Carron De la Carrière (1998), le chantre de cette école de pensée, nous sommes à l’ère post-diplomatie politique. Nous sommes entrée de plein pied dans l’ère du marché, de la diplomatie économique. Cette diplomatie négocie l’art d’exporter au-delà des frontières et d’importer aussi. C’est cette diplomatie qui s’active aux cotés des entreprises internationalisées et c’est également elle que l’on trouve à l’origine du G7 et de la construction européenne. C’est à elle que revient la lourde tâche d’ordonner et de gérer la globalisation de l’économie mondiale. C’est sans doute ce qui a fait dire à Christian Deblock (2002) que cette nouvelle diplomatie s’opère en étroite collaboration avec les milieux d’affaires et vise à établir des alliances, dont on attend trois choses :
Premièrement, permettre un meilleur déploiement des activités à l’étranger par un accès élargi et sécuritaire aux marchés. D’où la très grande portée des accords signés et leur extension à de nouveaux domaines, allant de l’investissement à la fiscalité en passant par les marchés publics, les normes administratives, les services, etc.
Deuxièmement, faciliter le règlement des différends commerciaux, mais également les problèmes d’intérêt commun comme la criminalité économique.
Troisièmement, créer des alliances plus larges pour favoriser une intégration plus en profondeur des économies concernées et ainsi permettre un meilleur positionnement sur les marchés internationaux et l’établissement de liens de complémentarité. Et Deblock (2002) d’ajouter que c’est cela qui est à la base du lancement de projets aussi ambitieux que le projet des Amériques, l’APEC ou le projet EuroMed. La prolifération de ces accords bilatéraux ou régionaux, dits de " seconde génération " est selon lui, l’un des aspects les plus visibles de cette nouvelle diplomatie. Ces accords touchent aussi bien les pays industrialisés que ceux en développement. Cette diplomatie économique multilatérale est parvenue à mettre autour de la même table, grandes puissances économiques et petits pays et à faire reconnaître le rôle régulateur des institutions internationales comme l’OMC. Les pays qui se tiennent à l’écart (Cuba et Corée du Nord) sont marginalisés.
En outre , certains chefs d’État sont aussi des adeptes de cette école de pensée. Ces chefs d’État ou de gouvernement privilégient, dans leurs déplacements, le volet économique. C’est le cas notamment du Premier ministre du Canada avec les célèbres missions " Team Canada ", des présidents de pays comme la France, les États-Unis et la Chine. Nous pouvons aussi, dans une certaine mesure, classer le Président Wade dans cette école. Ces décideurs politiques se déplacement presque toujours avec les hommes d’affaires de leur pays pour appuyer ceux-ci dans la concrétisation de certains contrats importants. C’est ainsi que le président Chirac a pu déclarer :
" Quand je vais à l’étranger, je n’ai aucun complexe. J’y vais pour vendre les produits français."
Par ailleurs, l’ensemble des dispositifs mis en place, pour gérer l’économie internationale, est impressionnant. Il est plus complet, mieux respecté et mieux sanctionné que dans n’importe quel autre domaine. Certes, il reste beaucoup encore à faire, mais même pour ceux qui sont insatisfaits des échanges internationaux, la demande est pour plus d’organisation et donc plus de diplomatie économique. Mais qu’en est-il des objectifs de cette dernière ?
Les objectifs de la diplomatie économique
Comme je l’ai énoncé précédemment, la diplomatie économique a pour objectifs principaux, l’accroissement de la compétitivité des entreprises et de l’État, la croissance économique et le développement. C’est la recherche de résultats économiques ou financiers qui la caractérise. Mais, il est certain qu’on ne peut éliminer de cette réflexion, les stratégies diplomatiques qui visent des finalités économiques pour en retirer des résultats politiques. La recherche d’objectifs économiques par des moyens diplomatiques, qu’ils s’appuient ou non sur des instruments économiques pour y parvenir, constitue la portée de base des actions de la diplomatie économique. À cet effet, elle doit s’occuper des situations globales et son principal objectif est l’organisation d’une croissance économique régulière. Toutefois, la distinction, entre objectifs politiques et objectifs économiques, est encore loin d’être définitivement tranchée.
Les objectifs secondaires de la diplomatie économique sont nombreuses. Nous pouvons en retenir : la recherche d’une information économique repensée par les diplomates, la négociation économique, financière et commerciale, la prospection économique et commerciale, la promotion des opportunités économiques nationales à l’étranger, l’attrait et la rétention des investissements directs étrangers, l’aiguillage des entreprises nationales et internationales, la libéralisation des échanges, la constitution de zones d’intérêts économiques, les partenariats économiques, les regroupements régionaux, approfondir l’ordre économique mondial et saisir les opportunités à chaque niveau.
Mais la mise en œuvre de ces objectifs requiert la présence des acteurs.
Les acteurs de la diplomatie économique
Les principaux acteurs de la diplomatie économique sont les États, les entreprises et les organisations économiques internationales.
Les États, à travers leur chef d’État ou de gouvernement et leurs diplomates sont des acteurs importants de la diplomatie économique. Mais chose paradoxale, les diplomates n’ont plus le monopole de la diplomatie. Dans beaucoup de pays les ministères dits économiques ou techniques ont encore la prééminence en ce qui concerne les questions internationales purement économiques ou financières. L’expansion et la variété des domaines touchés par les relations économiques internationales a conduit au pluralisme des intervenants comme les provinces, les régions, les villes, les agences de coopération internationale et les entreprises multinationales. Ces dernières étendent leur tentacules en dehors de leur pays d’origine et cherchent à saisir toutes les opportunités d’affaires qui servent leur vocation. Les pays et les entreprises ont des logiques tout à fait différents. Les premiers visent la croissance et le développement tandis que les seconds visent la rentabilité et la diminution des risques. Les États se doivent de prendre en considération ces deux logiques afin de concilier correctement les intérêts nationaux et les stratégies des firmes multinationales. Ils se servent des entreprises pour satisfaire leurs objectifs de gouvernabilité et les entreprises se servent d’eux pour satisfaire les attentes de leurs actionnaires. La diplomatie économique se soucie de l’ordre économique international et de la stabilité du système monétaire international. Ces objectifs sont poursuivis par les organisations économiques internationales. Parmi celles-ci, il y a les organisations de surveillance du SMI et de la gouvernance économique. Créé par la conférence de Bretton Woods de 1944, le système monétaire vise à trouver un mécanisme international pour éviter le retour des terribles conditions économiques après la deuxième guerre mondiale.
Les institutions de Bretton Woods assurent avec l’OCDE la gouvernance économique mondiale. En effet, créée en 1961 à Paris par les États-Unis et leurs alliés, la Convention de l’Organisation de Coopération et de Développement Économique (OCDE) se fixe comme objectifs entre autres, de cordonner la politique économique des pays membres et de promouvoir le développement harmonieux et durable de l’économie mondiale.
Aussi, le G8 véritable laboratoire d’idées, contribue t-il beaucoup à l’élaboration du plan de mondialisation économique.
Dans le cadre de la mondialisation nous avons, à côté de l’OCDE, le Club de Rome qui essaie de trouver des solutions à la problématique mondiale, ensemble complexe de problèmes socio-économiques, technologiques, environnementaux, psychologiques et culturels.
L’OCDE travaille aussi avec la Chambre de Commerce International. Cette dernière comprend le Bureau International des Chambres de Commerce Nationales qui est un regroupement de plus de 7000 entreprises industrielles, commerciales et de services, dont des multinationales telles que General Motors , Hunday , Shell ,Nestle ,Toshiba, Toyota.
Ces organisations s’appuient sur des structures opérant au niveau mondial qui sont la Banque mondiale (BM), le Fonds Monétaire International (FMI) et l’Organisation Mondiale du Commerce(OMC).
La Banque mondiale est actuellement chargée, notamment, de fournir une assistance technique aux gouvernements et de promouvoir l’investissement privé en garantissant et en participant à des opérations privées. L’idée de créer une banque mondiale pour la reconstruction et le développement trouve son origine dans le constat que les marchés financiers se sont montrés réticents, pendant l’entre - deux guerres, à financer des projets d’investissements dans les pays en développement. Pour accomplir ses tâches, la Banque mondiale et ses filiales (AID, SFI) fonctionnent comme un établissement de crédit empruntant des ressources sur les marchés financiers qu’elle prête ensuite aux pays en développement.
Le FMI, est chargé de maintenir un fonctionnement harmonieux du système monétaire international. Le " code de conduite " que le Fonds devait faire respecter, visait, avant tout, à contribuer à l’expansion du commerce international jusqu’en 1973. Durant cette période, le FMI avait comme mission principale de garantir la stabilité des changes. Ainsi les pays membres s’engageaient à ne pas effectuer des dévaluations compétitives et de tout mettre en œuvre pour garantir la stabilité de leur monnaie.
La parité des monnaies des pays était déclarée officiellement. Elle devait être exprimée en or, mais en pratique elle était exprimée en dollars US.
Suite à la grave crise économique vers les années 1970, en Europe (Angleterre, France) et aux États-Unis, on assista à la disparition du régime de Bretton Woods, qui laissera le système monétaire sans règles fixes ; les monnaies deviennent flottantes.
Cette décision historique va modifier toute l’architecture financière et économique internationale notamment les échanges et l’investissement.
La généralisation des taux de change flottants et la possibilité d’avoir recours aux financements des marchés de capitaux, permettent aux pays industrialisés de se passer du FMI. De nouvelles structures parallèles de financement et de concertation, publiques et privées contournent le FMI. Celui-ci va devoir justifier son existence qui lui sera fournie rapidement par la crise de la dette des pays en voie de développement qui le met au cœur du dispositif international destiné à encourager la recherche de solutions .
À cotés des États, des entreprises et des organisations économiques internationales apparaissent d’autres acteurs qui essayent de prendre part, à leur manière, à la diplomatie économique. Il s’agit des organisations non gouvernementales internationales. Certaines de ces organisations se sont données une vocation alter-mondialiste, pour une autre mondialisation qui prenne en compte l’équité et la justice sociale.
Les lieux de prédilection de la diplomatie économique
La diplomatie économique a produit sa propre organisation. Elle se fait d’abord dans les organisations internationaux. Parmi celles-ci nous pouvons citer les organisations de Bretton Woods, l’OMC, l’OCDE, la CNUCED, etc.
Elle se fait ensuite dans les sommets. Réunissant des chefs d’États et de gouvernement autour des questions relevant de la diplomatie économique, ils sont devenus nombreux et fréquents. Les sommets du G8, les sommets des Amériques, les sommets UE-ACP, pour ne citer que ceux-là, sont connus du grand public.
Il y a également les foires commerciales, congrès, colloques et séminaires qui réunissent des décideurs publiques et privés. Nous pouvons citer, entre autres, le forum annuel de Davos organisé par le World Economic Forum et la Commission trilatérale Amérique du Nord, Europe et Japon travaillant pour une meilleur coordination des politiques économiques.
Articulation de la diplomatie économique dans quelques pays
La description de quelques expériences étrangères a pour simple objectif de relater comment différents pays ont pu s’organiser pour rendre efficace leur diplomatie économique. Il est vrai que toutes les formules dépendent du contexte national de chaque pays. Jetons un regard rapide sur l’expérience de pays comme la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les États-Unis, le Canada, le Japon et la Chine.
L’expérience française
En France l’exercice de la diplomatie économique est partagée entre le Ministère de l’économie et des finances (Bercy) et celui des Affaires étrangères (Quai d’Orsay). Bercy s’estime seul compétent pour l’ensemble de son secteur, surtout lorsqu’une dépense nouvelle est de près ou de loin en jeu, tandis que le Quai d’Orsay aspire à exercer un contrôle sur l’ensemble des relations internationales et sinon à les dominer, en tout cas à ne jamais être tenu à l’écart. Un équilibre délicat règle les relations entre les deux. Un partage subtil des tâches est mis en place. Mais, pour les affaires les plus importantes, c’est seulement l’Élysée ou Matignon qui fait la synthèse et arrête la position officielle. Il y a des liaisons, des consultations, des commentaires et des avis, mais il n’y a pas de copilotage des dossiers. La coordination n’est pas assurée de façon systématique.
Dans les ambassades françaises, il y a couramment deux pôles. Il existe presque partout un poste d'expansion économique (PEE), dirigé par le conseiller économique et commercial (parfois appelé ministre) dont le portefeuille comprend l'industrie, l’agriculture, les services, le commerce international et les questions économiques ainsi que toutes les affaires financières sont du ressort de la Direction des Relations Économiques Extérieures (DREE) du Ministère de l'Économie et des Finances dont il est issu. Dans une quinzaine de missions on trouve aussi, provenant de la direction du Trésor du même ministère, une Agence financière, dirigée par le ministre-conseiller en charge des affaires monétaires et financières ainsi que des analyses macro-économiques traitées à Paris par sa direction d'origine et dont la compétence est la plupart du temps régionale.
Enfin, dans six ambassades, PEE et Agences financières ont fusionné au sein d'une mission économique et financière.
Dans le système français, les 120 Postes d’expansion économique (PEE) et Agences financières et missions économiques et financières sont des services extérieurs à leur département ministériel et continuent à en faire partie tout en étant placés sous l'autorité de l'ambassadeur auquel il revient d'assurer la cohésion d’ensemble de la mission diplomatique dont il est le chef. Leur budget, leurs moyens matériels et leur personnel viennent de leur département d'origine même s'il s'y ajoute quelques éléments extérieurs (en provenance du ministère de l'Agriculture, du CFCE, et de la Banque de France, selon les cas).
En plus de ces organisations officielles, le privé est, dans certains cas, présent comme acteur de diplomatie économique via les chambres de commerce.
Pour leurs missions d'appui aux entreprises, les PEE accordent une place importante aux diplômés d'écoles commerciales ou de gestion et aux ingénieurs recrutés sur contrats à durée limitée ainsi qu'à des agents d'autres ministères ou, pour les questions agricoles, aux chargés de mission du CFCE.
L’expérience allemande
L’Allemagne présente le contraste entre la claire définition de quelques attributions et le flou qui entoure la coordination de la politique économique extérieure. Les questions macro-économiques, le G8 et les institutions financières internationales sont de la responsabilité du ministère des Finances et de l’Économie, chef de file incontesté de la diplomatie économique allemande.
Mis à part les services économiques de l’ambassade, l’Allemagne délègue l’appui aux entreprises à des organismes parapublics distincts des missions diplomatiques ou même à des structures privées. Elle renvoie l'accompagnement courant et commercial des entreprises au réseau des chambres de commerce à l'étranger (AFIK), dûment subventionné pour remplir cette mission d'intérêt général et les missions d'information à l'Office Fédéral d'Information sur le Commerce Extérieur (BFAI), lui aussi subventionné et dispose de correspondants à l'étranger. Juridiquement indépendants, ces réseaux n'ont aucun lien avec les ambassades qui n'interviennent en rien dans leur activité ni même dans leur programmation.
L’expérience du Royaume-Uni
Au Royaume-Uni, le Foreign Office s’intéresse de près aux affaires financières et monétaires. Il partage, à peu près, compétence et influence avec le Department of Trade and Industry (DTI) dont les compétences s’étendent au commerce extérieur, à l’industrie, à la concurrence, à l’énergie et aux assurances. Les véritables instances de décisions de la diplomatie économique sont les comités interministériels présidé par un membre du Cabinet Office. La concertation interministérielle est donc bien assurée.
La Grande-Bretagne a fait le choix d'une organisation centralisée, entièrement administrative, intégrée au DTI au sein duquel une direction générale, dénommée Trade Policy and Export Promotion, définit la politique commerciale internationale et dirige la promotion des exportations dont la mise en œuvre à l'étranger est entièrement confiée à des agents du Foreign Office. Ces derniers ne sont pas spécialisés dans les fonctions économiques mais ils sont fortement incités à en acquérir l'expérience puisque le passage par un poste commercial est exigé pour devenir ambassadeur.
Tout en étant pas responsable, le DTI participe à la gestion et à l'orientation des services commerciaux à l'étranger à travers un organisme mixte, le Joint Export Directorate qui relève des deux ministères. Il détache un nombre croissant de ses agents dans les services commerciaux des ambassades (dont, au demeurant, les trois quarts des effectifs sont recrutés localement).
L’expérience des Etats-Unis
Aux États-Unis, la place du Congrès est éminente puisque c’est lui qui détient constitutionnellement le pouvoir de régler le commerce avec les pays étrangers. Il a donc la maîtrise de la politique économique extérieure et la contrôle, étroitement, par son pouvoir d’investigation, son rôle dans les nominations et l’exercice de ses fonctions budgétaires. Les États, les associations, les ONG et autres groupes de pressions viennent parfois compliquer la prise de décisions. L’ensemble du processus donne une impression de lenteur, voire d’inertie à certains moments, mais lorsque la stratégie est arrêtée, elle est consensuelle et le rôle du Département d’État s’impose. Il dirige les négociations quelles que soient leur nature. Il relègue les autres départements ministériels dans un rôle de fournisseur de dossiers.
Les États-Unis ont, depuis quelques années, adopté un dispositif semblable à celui de la France pour les sections commerciales de leurs ambassades avec, toutefois, la différence que leur compétence se limite à l'appui aux entreprises et ne s'étend pas aux autres domaines de la diplomatie économique.
Ces entités sont placées sous la double autorité de l'ambassadeur et du Département du Commerce. Leur personnel provient de ce département ministériel sous réserve d'un fort recrutement local. Il s'y ajoute les bureaux du Foreign Agricultural Service chargé, par le Département de l'agriculture, d'assister les exportateurs de produits agricoles et forestiers.
L’expérience du Canada
Le Canada gère sa diplomatie économique, essentiellement à travers le ministère des Affaires étrangères et du commerce internationale.
Le réseaux des délégués commerciaux et les agents de politiques et économie, placés sous l’autorité de l’ambassadeur travaillent en parfaite harmonie sur les questions ayant trait à la diplomatie économique. Mais les décisions importantes sont prises au niveau du bureau du Premier Ministre. Parallèlement, le ministère de l’Économie et des Finances, l’ACDI, EDC et EEC interviennent aussi sur la scène internationale. Toutefois, la coordination est assurée par le MAECI.
L’expérience du Japon
Au Japon, la réalité de la diplomatie économique est centralisée par le puissant ministère de l’industrie et du commerce international (MITI). Véritable chef d’orchestre, le MITI assure la parfaite coordination. Ses agents sont répartis dans toutes les ambassades et lui font directement rapport.
Le ministère des affaires étrangères, la JCA et le ministère des finances jouent un rôle d’appoint.
L’expérience de la Chine
La Chine populaire est un champion de la centralisation de la diplomatie économique. Son ministères des Affaires Étrangères est la pièce maîtresse de son dispositif en la matière. Dans ses ambassades, se côtoient des expertises diverses allant des agents économiques et financiers, aux agents commerciaux jusqu’aux agents de l’intelligence commercial, économique, financier, industriel et militaire. L’Ambassadeur assure la coordination et signe tous les rapports adressés au ministère et au parti communiste.
Maintenant que nous avons fait connaissance avec la diplomatie économique, abordons à présent la diplomatie sénégalaise.

LA DIPLOMATIE SÉNÉGALAISE
Au Sénégal, la diplomatie est du " domaine réservé du Président de la République " qui en délègue la gestion quotidienne au Ministre des Affaires étrangères et de l’Union Africaine. C’est le Chef de l’État qui détermine la politique étrangère et les grandes orientations diplomatiques qui en découlent. Il nomme, par décret, tous les chefs de missions diplomatiques accrédités à l’étranger. Ces derniers sont chargés de la mise en œuvre des missions qu’il leur confie. Ainsi nous pouvons classer ces missions en trois (3) catégories : Les missions dites traditionnelles, la gestion des sénégalais de l’extérieur et la nouvelle mission.
Les missions traditionnelles issues de la Convention de Vienne sur les représentations diplomatiques sont de trois (3) ordres :
La représentation : C’est la première fonction de l’ambassadeur. Ce dernier représente le Président de la République, le gouvernement et chacun des ministres . En d’autres termes, il représente l’État du Sénégal auprès du pays accréditaire. Il doit assurer la promotion de la meilleure image possible du Sénégal et de ses ressortissants dans le pays d’accréditation.
Cependant cette fonction de représentation est de plus en plus affaiblie par le développement de contacts plus directs entre les autorités politiques du pays et leur homologues étrangers.
La négociation : Le Sénégal n’est pas une puissance économique, mais c’est une puissance diplomatique. Dakar est devenue incontournable sur toutes les questions ayant trait à l’Afrique. Le Sénégal est reconnu comme un pays de dialogue. Par conséquent cette mission est au cœur de la diplomatie sénégalaise. C’est ainsi qu’une part importante de l’activité diplomatique du pays est constituée de négociations sur des questions de paix, de sécurité, de solidarité et de coopération. Toutefois elle porte aujourd’hui sur des domaines de plus en plus élargies.
L’information : Les diplomates sénégalais doivent rechercher, traiter, analyser et transmettre au Ministères des Affaires étrangères et de l’Union Africaine, toute information qui pourrait directement ou indirectement intéresser le pays. Malgré le progrès des communications, la multiplication des sources d’information, l’instantanéité des événements, cette mission reste encore d’actualité car c’est de l’information hautement stratégique qui est transmise.
Les sénégalais de l’extérieur: Les diplomates doivent se préoccuper des intérêts nationaux en veillant sur des aspects tels que les déplacements de ressortissants sénégalais et leurs séjours à l’étranger, leur insertion, leur protection et la promotion de conditions d’intégration et d’épanouissement. Cependant, cette mission est délicate dans les pays où règne l’insécurité. Qui plus est, de nombreux sénégalais vivent dans l’illégalité à l’étranger.
Théoriquement, cette gestion est de la compétence du Ministère chargé des sénégalais de l’extérieur, mais en pratique, elle incombe à celui des Affaires étrangères par le biais de ses représentations diplomatiques et consulaires.
Plus de deux millions de sénégalais vivent à l’extérieur du pays selon les estimations officielles. Cette forte communauté est à organiser et à gérer. L’État a mis sur pied le Conseil Supérieur des Sénégalais de l’Extérieur pour l’assister à cet effet. Cependant je continue à m’interroger sur l’utilité pratique de cette structure.
L’Union africaine : La politique étrangère sénégalaise repose sur une foi inébranlable dans l’intégration africaine. Le but ultime de la politique africaine du pays c’est la réalisation de l’Union Africaine. C’est pourquoi la diplomatie du pays fait de la promotion de l’Unité africaine une des ses préoccupations majeures. La défense et la promotion des intérêts du pays doivent aller de pair avec celle de l’Afrique. Elle travaille dans plusieurs instances internationales de concert avec les africains pour harmoniser les positions et défendre une position commune au continent. Mais cette promotion passe par le renforcement des relations de bons voisinage avec les pays limitrophes et ceux de la sous-région. Ces relations de bon voisinage sont élevées au rang de priorités.
Fonctionnement de la diplomatie sénégalaise
La diplomatie sénégalaise fonctionne à travers cinq (5) pôles : la Présidence de la République, le Ministère des Affaires étrangères, les ministères dits techniques, les ambassades, les hauts commissariats et les consulats.
La Présidence de la République : C’est le Président de la République et chef de l’État qui est le premier diplomate sénégalais. C’est lui détermine les grandes orientations, donne les impulsions nécessaires, nomme les chefs de missions diplomates. Il est entouré de quelques conseillers diplomatiques et du puissant service du Protocole d’État. Il effectue de nombreux voyages à l’extérieur. Chacune de ses visites est une occasion d’intenses activités diplomatiques. Il représente le pays dans les sommets réunissant les chefs d’États et de gouvernements.
Le Ministère des Affaires étrangères et de l’Union Africaine : À sa tête, il y a un ministre d’État. C’est le numéro deux de la diplomatie. Il veille à l’exécution des orientations et directives du Chef de l’État, prépare les sommets qui ont lieu au pays ou à l’étranger, fournit au gouvernement, à toute heure et sans délai, des informations fiables et à jour sur tout problème international. Il exerce une veille permanente sur les événements extérieurs. Le ministère trie et analyse les informations en provenance des représentations diplomatiques à l’intention des décideurs et du gouvernement. Il est organisé en plusieurs départements dont celui de l’Afrique, de l’Amérique du Nord, de l’Europe Occidental, du Proche et Moyen-Orient. Le Secrétaire général du ministère gère l’allocation des ressources dans les représentations diplomatiques et assure la coordination au sein même du Ministère. Plusieurs service lui sont rattachés dont la cellule des Études, de l’Analyse et de la Prévision. Cette cellule est chargée du suivi de l’actualité politique international et de l’élaboration de la situation y afférente, de l’analyse prospective et rétrospective de faits et événements susceptibles d’influer sur la politique étrangère. Elle est également en charge de l’exploitation de documents diplomatiques ou de fiches relatives à la politique extérieure du pays.
Le ministère mène une effort quotidien de coordination pour assurer l’indispensable cohérence de l’action extérieure. Il fonctionne comme un outil d’aide à la décision à tous les niveaux de la politique étrangère et de la diplomatie. Le Ministre des affaires étrangères, par délégation peut représenter le gouvernement dans certaines instances internationales. Il assiste le Chef de l’État à l’occasion de ses visites à l’international et à l’occasion de sommets.
Les Ministères dits techniques : Ce sont les Ministères de l’Économie et des Finances, du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, de l’Agriculture et de l’Hydraulique, des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Environnement et celui de l’Économie maritime.
Chacun de ses ministères dispose de prérogatives sur la scène internationale sur ses domaines de compétences. Ils sont le leviers de la diplomatie multilatérale du pays notamment dans les institutions spécialisées de l’ONU et dans les institutions de Breton Woods. Le Ministère de l’Économie et des Finances, en particulier, dispose même de bureaux à l’étranger.
Les ambassades et hauts Commissariats: À la tête de ces représentations diplomatiques, il y a l’Ambassadeur ou le Haut commissaire. Dépositaire des pouvoirs de l’État, il est chargé, sous l’autorité du Ministre, de la mise en œuvre de la politique extérieure du pays. Le ministère l’assiste dans l’exercice de sa fonction. Il paraphe toutes les notes diplomatiques qui sont envoyées au Ministère par la valise diplomatique. Il dispose d’une équipe de diplomates appelée la chancellerie. L’ambassade comprend des services techniques de le nombre varie selon l’importance de la mission. Les postes les plus importants sont Paris, Washington, Rabat et Ryad.
Chaque ambassadeur dispose d’une résidence et d’une voiture de fonction. L’État met à sa disposition d’important moyens matériels et financiers. Les ressources humaines mises à la disposition de l’ambassade sont rémunérés en tenant compte du niveau de vie dans le pays accréditaire.
Les consulats généraux : Ils sont dirigés chacun par un consul. C’est un diplomate qui reçoit du Président de la République une commission consulaire. Il administre les sénégalais de sa circonscription et les protège des autorités locales en cas de crise ou de catastrophe. Il relaie l’ambassadeur dans ses missions, notamment en termes de représentation, d’information et de communication. Dans chacun des grands pays comme la France , L’Italie, l’Espagne, le Canada et les Etats-Unis, existent des consulats et une ambassade. Certains pays, sans ambassade, abritent seulement un consulat. Il existe aussi des consuls honoraires qui sont des bénévoles ressortissants du pays de séjour.
Rôle et place du Sénégal sur la scène internationale
Depuis son accession à la souveraineté en 1960, le Sénégal s’est toujours illustré comme un pays qui compte sur la scène diplomatique africaine, voire mondiale. De nombreux ressortissants ce pays occupent aujourd’hui des positions aussi stratégiques que celle de Directeur Général de la FAO, de Sous-secrétaire général des Nations Unies ou de Secrétaire Général l’OIF. Depuis 1960, le pays a participé à 25 missions de maintien de la paix sous l’égide des Nations Unies, de l’Union Africaine ou de la CEDEAO. Dans ce cadre, les troupes sénégalaises sont actuellement en mission en République Démocratique du Congo (RDC) et en Côte-d’Ivoire, notamment.
Les missions de l’ONU en RDC (MONUC) et en Côte-d’Ivoire (ONUCI) sont placées sous le commandement d’Officiers généraux sénégalais.
Dans le même ordre d’idées, le Président du Sénégal fait partie des initiateurs du Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD) et exerce un leadership remarqué au sein de l’Union Africaine. Il est invité à chaque réunion du G8 pour discuter des problèmes concernant l’Afrique. Le rayonnement diplomatique du pays est tel que, sa candidature, à titre membre permanent au sein du futur Conseil de Sécurité des Nations Unies, bénéfice d’un large soutien de la Communauté internationale.
Le pays, malgré sa petite taille et la faiblesse de ses moyens, dispose d’un réseau diplomatique assez dense, réparti sur les cinq continents.
LES ATOUTS DE LA DIPLOMATIE SÉNÉGALAISE :
Le Sénégal fait valoir de nombreux atouts sur la scène internationale : Le leadership de Chef de l’État, le professionnalisme de son armée qui opère sur plusieurs théâtres d’opérations sous l’égide des Nations-Unies, la présence de ses ressortissants dans la direction de certaines organisations internationales, la densité de son réseau diplomatique, le professionnalisme de ses diplomates, ses excellentes relations avec les pays du Nord et du Sud, la présence de bureaux de nombreuses agences spécialisées de l’ONU et de sièges d’organisations internationales à Dakar. Qui plus est, le pays est le " chouchou " des bailleurs des fonds aussi bien bilatéraux que multilatéraux. En matière de diplomatie africaine, tous les chemins mènent à Dakar, capitale de ce petit pays d’Afrique sub-saharienne. Le Sénégal est, donc, une puissance diplomatique.
Vitrine de la démocratie en Afrique, le Sénégal, qui est un des rares pays d’Afrique à n’avoir pas connu un coup d’État, a vécu une alternance politique exemplaire en 2000.
Le pays est présenté comme un modèle de démocratie et de stabilité politique et ce, malgré une rébellion qui sévit dans le sud du pays depuis vingt-deux-ans. Toutefois, ce conflit qualifié de résiduel par les Nations-Unies, est en voie de règlement définitif. La cérémonie mettant fin aux hostilités entre le gouvernement et le Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC) a eu lieu en janvier 2005. À cet occasion le MFDC a renoncé définitivement à la lutte armée et a présenté ses excuses au peuple sénégalais.
Plusieurs réformes seront mises en œuvre par les autorités dans le but d’améliorer la situation économique du pays . Le Sénégal tout en maintenant ses liens avec ses partenaires traditionnels (UE , France, États-Unis, Canada, Japon, le Maroc et les pays pétroliers du golf) a entrepris la diversification et l’approfondissement de ses relations avec d’autres pays du globe comme la Chine et l’Inde.
LA NOUVELLE MISSION DE LA DIPLOMATIE SÉNÉGALAISE
La nouvelle politique étrangère, édictée par le chef de l’État, prône une diplomatie économique. Cette nouvelle mission doit devenir prioritaire à coté des missions précédemment citées. Elle nécessite que le Ministère des Affaires étrangères récupère des autres Départements ministériels la gestion et le suivi de toutes les questions de coopération bilatérales et multilatérales afin de lui conférer " l’autorité première de l’action gouvernementale à l’étranger ". Cette nouvelle mission met la diplomatie du pays au service de son économie et de son développement. Elle doit permettre au Sénégal de mettre tous les atouts de son coté pour tirer davantage profit de la mondialisation en cours.
Les autorités du pays, qui mènent une politique libérale, comptent beaucoup sur le secteur privé, en particulier sur le secteur privé international pour le développement du Sénégal.
À cet effet, sous l’impulsion du Président Abdoulaye Wade, le gouvernement mène actuellement une offensive de diplomatie économique pour vendre la destination Sénégal, en vue du développement du commerce et des investissements directs étrangers, dont l’objectif est d’insérer son pays dans l’économie mondiale et de le faire entrer dans l’émergence.
Cette volonté du gouvernement de renforcer la place du secteur privé dans la politique de développement du pays s’est traduite par la mise en place du dispositif incitatif à savoir l’assainissement de l’environnement réglementaire, l’adoption d’un nouveau code des investissement et la création de l’Agence de promotion des exportations (APIX), chargée de déterminer et de réaliser les programmes et actions nécessaires au développement de l’investissement privé.
Le pays peut donc utiliser ses atouts diplomatiques comme leviers d’une diplomatie économique pour financer son développement et promouvoir le secteur privé national et international.
Il s’agira de faire de cet appareil, un relais pour attirer les investissements directs étrangers et promouvoir le développement des exportations.
Il n’y a pratiquement pas d’entraves majeures à cet effet. Toutefois, il convient de tirer les leçons de l’échec des expériences timides et éphémères tentées aussi bien par le Ministère des Affaires étrangères que celui de l’Économie et des Finances pour donner plus d’atouts à une nouvelle diplomatique économique qui devra s’articuler autour des missions suivantes :
- Promouvoir l’économie et appuyer les ministères techniques dans la formation et le réseautage pour les négociations économiques, commerciales et financières internationales ;
- Aider les entreprises sénégalaises à trouver des marchés et leur fournir des informations commerciales pertinentes et utilisables ;
- Promouvoir le Sénégal comme site d’accueil des investissements directs étrangers ; -Intercepter depuis l’étranger les investisseurs et importateurs potentiels et leur fournir la documentation et les informations utiles.
- Analyser la situation économique et financière du pays considéré ainsi que les conditions d’accès à son marché ;
- Contribuer , par un travail de collecte et d’analyse de l’information, à la définition des positions du Sénégal au sein des instances multilatérales.
- Coordonner et faciliter des contacts de partenariat entre investisseurs ou importateurs potentiels et les entreprises sénégalaises,
- Rechercher des informations commerciales sur les marchés étrangers pour alimenter et mettre à jour une base de données informatisée.
- Mettre en réseau les agences de promotions économiques et les ministères techniques
- Transmettre les informations relatives à l’environnement des affaires au Sénégal
- Organiser des visites d’affaires dans les deux sens
- Participer aux foires et appuyer les agences de promotion économique dans les prospections
- Diffusion de documents utiles sur les avantages du pays (atouts et secteurs prioritaires),
- Suivi des contacts établis durant les voyages économiques du Président de la République.
La diplomatie économique nécessite une activité marketing soutenue. Elle exige des ressources financières supplémentaires. Ces ressources peuvent être trouvé à même les budgets de l’APIX, du CICES, du Ministère de l’économie et des finances et celui des Affaires étrangères. Sa mise en œuvre demande des compétences spécifiques et une logistique adéquate.
Elle exige également une bonne politique de communication et un environnement transparent qui permet l’implication de tous les acteurs. Elle exige non seulement des chefs de missions diplomatiques des qualités qui vont au-delà de leur formation traditionnelle. Ils devront être à la fois des diplomates, des gens d’affaires et des managers solides. La structuration des ambassades et des hauts commissariats doit être revue pour leur permettre de s’adapter aux exigences d’une diplomatie économique. Les autorités doivent préalablement procéder une analyse diagnostique complète des politiques diplomatique et de promotion des exportations.
En somme, la diplomatie économique, même si elle n’est pas une panacée, demeure un moyen efficace d’attrait des investissements et de promotion des exportations. Elle valorise davantage les missions diplomatiques qui ne seront plus perçues comme des maisons pour retraités ou protégés du régime.
Les ressources étant rares, toutes égales par ailleurs, le Sénégal devrait orienter sa diplomatie économique vers des pays à fort potentiels en termes de développement et de valeur ajoutée.
Je pense, dans le désordre, aux pays suivants :
Chine, Inde, Pakistan, USA, Canada, Mexique, Australie, Singapour, Malaisie, Brésil, Irlande, Norvège, Suède, Grande Bretagne, Suisse, Belgique, Hollande, Espagne, Italie, Afrique du Sud, Maroc, Tunisie, Maurice, Arabie Saoudite, Koweït, Katar, Émirats Arabes Unis, Iran, Israël.
Je rêve du jour où le Président Wade fera du Sénégal, un pays comme la Malaisie, qui grâce à la mise en œuvre d’une diplomatie économique intelligente, a pu drainer vers son territoire, plus de 3000 compagnies internationales provenant de plus de 50 pays.
Une chose est , cependant, certaine, le chef de l’État en a l’ambition et la volonté, mais dernière, ça ne décolle vraiment pas encore.
Pour ceux qui s’intéressent à la diplomatie économique et aux conditions de sa mise en œuvre, je vous réfère au document de travail que j’ai produit en 2003 lors du colloque international sur le management de la néo-diplomatie tenue à l’École nationale d’administration publique à Montréal.

Merci de votre fidélité et à la prochaine!
dsambou@sympatico.ca